La SNCF a franchi un cap symbolique au premier semestre 2026. Le groupe public a dégagé un bénéfice net de 1,18 milliard d'euros, en hausse de 19 % par rapport aux 950 millions d'euros enregistrés un an plus tôt. C'est la première fois depuis plus de six ans que le résultat semestriel dépasse le milliard d'euros, a annoncé Laurent Trevisani, directeur général délégué de l'entreprise ferroviaire.

Le chiffre d'affaires a progressé de 2 % pour atteindre 21,9 milliards d'euros. Cette performance intervient dans un contexte « particulièrement difficile », selon le PDG Jean Castex, qui a cité les tempêtes hivernales de janvier et février, ainsi que les épisodes de canicule survenus en mai et juin. Ces aléas climatiques ont contraint la SNCF à annuler des trajets sur certaines lignes Intercités, dont le matériel vieillissant ne supporte pas les températures élevées. L'impact financier de ces perturbations est estimé à plus de 100 millions d'euros de manque à gagner sur le semestre, en France comme en Espagne.

La bonne santé financière vient avant tout d'une hausse de la fréquentation. La filiale SNCF Voyageurs a transporté un nombre « record » de passagers en TGV, avec 83,4 millions de voyageurs, soit une augmentation de 2,8 % par rapport au premier semestre 2025. Les trains de banlieue franciliens (Transilien) ont vu leur trafic grimper de 4,1 %, tandis que les TER hors Île-de-France ont progressé de 2,3 %. En revanche, les Intercités ont subi une baisse de 3,8 %. Le chiffre d'affaires de SNCF Voyageurs a augmenté de 1,3 %, à 10,56 milliards d'euros, un rythme légèrement inférieur à celui du trafic.

La filiale SNCF Réseau, chargée de l'entretien des voies, a pour sa part vu son chiffre d'affaires croître de 3,2 %, à 4,22 milliards d'euros, grâce à une hausse de 1 % du nombre de trains circulant sur le réseau, ce qui augmente les péages perçus. Le groupe a également profité de ces résultats solides pour réduire son endettement de 690 millions d'euros par rapport à fin 2025.

Parallèlement, la SNCF a consacré 4,9 milliards d'euros à l'investissement au cours des six premiers mois, notamment pour moderniser ses infrastructures vieillissantes et acquérir de nouveaux matériels roulants. Laurent Trevisani a qualifié cet effort de « réponse de fonds au changement climatique », soulignant la nécessité d'adapter le réseau aux conditions météorologiques extrêmes.

Interrogé sur la politique tarifaire, le dirigeant a indiqué que la SNCF « souhaite être en capacité d'offrir des prix de billets de TGV accessibles ». La hausse des tarifs au premier semestre a été « inférieure à l'inflation », a-t-il précisé. Laurent Trevisani vient par ailleurs d'être nommé président de SNCF Voyageurs, après le départ annoncé de Christophe Fanichet.

Ces résultats confirment le redressement financier de l'entreprise publique, qui reste confrontée à des défis structurels: vétusté du réseau, impacts climatiques récurrents et besoin d'investissements massifs pour assurer la pérennité du service ferroviaire. Le groupe entend poursuivre ses efforts de modernisation tout en maintenant une offre de transport accessible, dans un contexte de concurrence accrue sur les liaisons à grande vitesse.