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Mère d'Inass Touloub accusée de torture devant les assises de Blois

Âgée de 72 ans, Halima El Bakhti comparaît devant la cour d'assises de Loir-et-Cher pour la mort de sa fille de quatre ans, retrouvée en 1987 sur le bord de l'A10. Interrogée pour la première fois, elle affirme ne pas se souvenir des morsures ni des fractures constatées sur l'enfant.

Mère d'Inass Touloub accusée de torture devant les assises de Blois
© 20minutes.fr

Halima El Bakhti, 72 ans, comparaît depuis le début du mois de novembre 2026 devant la cour d'assises de Loir-et-Cher, à Blois, pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les faits concernent sa fille Inass Touloub, âgée de quatre ans lorsqu'elle est morte en 1987. Son mari, Ahmed Touloub, est jugé comme complice.

Le corps de l'enfant a été découvert le 11 août 1987 sur le bord de l'A10. La famille roulait alors vers le Maroc pour les vacances. Selon la mère, elle aurait vu sa fille morte dans la voiture, puis son mari se serait arrêté sur l'autoroute avant d'abandonner le corps. La version du père diffère : selon lui, l'enfant était déjà morte ou inconsciente lorsqu'il est revenu vers le véhicule. Les deux versions s'opposent donc sur les circonstances précises de la découverte et sur le moment du décès.

Inass Touloub était née le 3 juillet 1983 au Maroc. La famille, dans une situation précaire en France, tenait une épicerie à Puteaux, un commerce qui ne suffisait pas à la stabiliser. Peu après sa naissance, la mère avait confié le nourrisson à sa grand-mère pendant environ un an. Après les retrouvailles, l'enfant aurait été repliée sur elle-même, vomissait et refusait de jouer, des signes que le dossier replace dans la chronologie des faits.

Le dossier fait état de blessures nombreuses : morsures, mamelon arraché, fractures de la jambe, du bras, des coudes et des poignets. Certaines fractures seraient anciennes de plusieurs mois et n'auraient jamais été soignées, ce qui pose la question de l'accès aux soins de l'enfant pendant cette période.

Interrogée longuement pour la première fois depuis l'ouverture du procès, Halima El Bakhti reconnaît avoir giflé sa fille et avoir eu recours à certaines violences à son égard. Elle affirme en revanche ne pas se souvenir d'avoir mordu l'enfant ni de l'avoir fracturée, et rejette sur son mari la responsabilité des violences, sans reconnaître être seule responsable. Cette ligne de défense, centrée sur l'oubli, est au cœur des échanges avec la cour.

Plusieurs éléments au dossier pèsent dans les débats. Une expertise odontologique médico-légale conclut que le père n'a pas mordu l'enfant. Par ailleurs, les deux sœurs aînées d'Inass affirment que leur père était absent le jour des faits. Ces témoignages, s'ils se confirment, réduisent la marge laissée à la version maternelle sur certains actes.

Ahmed Touloub n'avait pas encore été entendu à la barre au moment où ces lignes ont été écrites. Son audition est attendue pour permettre à la cour de confronter les deux versions du couple. À ce stade, l'ensemble des responsabilités dans chacune des blessures reste à établir, et le procès doit permettre de déterminer qui a infligé quels actes à la fillette.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.