Société 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Procès des trois policiers pour la mort de Cédric Chouviat renvoyé à juin 2027
Le tribunal correctionnel de Paris a reporté au mois de juin 2027 le procès des trois policiers poursuivis pour homicide involontaire dans l’affaire Cédric Chouviat, faute de temps suffisant pour l’examiner.
Le procès des trois policiers poursuivis pour homicide involontaire dans l’affaire de la mort de Cédric Chouviat a été renvoyé au mois de juin 2027. L’audience, initialement prévue les lundi 26 et mardi 27 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, ne pourra pas se tenir dans les délais fixés, le temps disponible étant jugé insuffisant pour examiner les faits et trancher la question de la compétence du tribunal.
Cette question de compétence est au cœur du différend. Les parties civiles contestent que l’affaire relève d’un tribunal correctionnel et réclament un procès devant une cour d’assises. L’avocat de la famille, Me Arié Alimi, a dénoncé une « hérésie juridique ». Selon lui, les faits sont criminels et doivent être jugés en assises, et non devant le tribunal correctionnel. La défense de la famille entendait d’ailleurs plaider l’incompétence de cette juridiction, estimant que les faits relèvent d’une cour criminelle, voire d’une cour d’assises.
Plus tôt dans la journée, les avocats des deux parties avaient dénoncé à l’unisson un temps d’audience trop court, impossible à utiliser pour statuer en une journée et demie. La défense des trois policiers a de son côté demandé le renvoi, estimant ne pas avoir eu le temps d’étudier les dernières conclusions déposées. Le président de la 10e chambre du tribunal correctionnel a finalement décidé de reporter l’audience aux 21, 22 et 23 juin 2027, sur trois jours au lieu des deux après-midi initialement programmés. Le renvoi, demandé par la défense, a été accepté.
Les faits remontent à janvier 2020. Cédric Chouviat, livreur de 42 ans et père de cinq enfants, avait été interpellé lors d’un contrôle routier dans le 15e arrondissement de Paris pour un délit routier. Il était mort moins de 48 heures après avoir fait un malaise pendant l’intervention. Les trois agents sont poursuivis pour homicide involontaire. L’autopsie avait relevé « une manifestation asphyxique avec une fracture du larynx », ce qui a soulevé des interrogations sur les conditions de l’interpellation réalisée par les policiers.
La famille de Cédric Chouviat affirme que l’intervention n’était « pas un accident ». Elle se bat depuis six ans pour connaître la vérité et obtenir justice, et espère pouvoir contester, lors de la nouvelle audience, la qualification retenue pour les faits. Il lui faudra donc patienter plusieurs mois de plus avant qu’un tribunal ne se prononce sur le fond de cette affaire, six ans après une interpellation qui a coûté la vie à un père de famille.
5




