Le gouvernement français a dévoilé une série de mesures destinées à réduire les remboursements de l’Assurance maladie pour plusieurs catégories de soins. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué ce vendredi 24 juillet que quatre décrets ont été soumis au conseil des assurances-maladie. Ces textes visent à baisser la part prise en charge par la Sécurité sociale pour les consultations de chirurgiens-dentistes, les transports sanitaires et certains médicaments considérés comme « peu efficaces ».
Cette décision s’inscrit dans une volonté de maîtrise des dépenses publiques de santé, alors que le déficit de la Sécurité sociale reste sous pression. En transférant une partie des coûts vers les complémentaires santé, l’exécutif espère alléger le poids des remboursements sur les finances publiques. Les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance seront donc amenés à prendre en charge une part plus importante de ces soins.
Les consultations chez les chirurgiens-dentistes figurent parmi les premiers postes concernés. Actuellement, l’Assurance maladie rembourse une partie des soins dentaires, mais le gouvernement souhaite réduire ce taux. Les transports sanitaires, qui incluent les ambulances et les véhicules sanitaires légers, sont également dans le viseur. Enfin, plusieurs médicaments jugés à « service médical rendu » insuffisant ou « peu efficaces » pourraient voir leur prise en charge diminuer.
Stéphanie Rist a précisé que des négociations sont en cours avec les complémentaires santé pour limiter l’impact sur les assurés. « Nous travaillons avec ces complémentaires, avec des négociations, avec des travaux pour leur éviter au maximum cette augmentation des complémentaires », a-t-elle déclaré. Ces discussions visent à trouver un équilibre entre la réduction des dépenses publiques et la protection des patients face à une hausse potentielle de leurs cotisations.
Les décrets doivent encore être examinés par le conseil des assurances-maladie, qui réunit les représentants de l’Assurance maladie, des professionnels de santé et des mutuelles. Leur adoption pourrait intervenir dans les prochaines semaines, avant une mise en œuvre progressive. Les associations de patients et les syndicats de professionnels de santé ont déjà exprimé leurs réserves, craignant une dégradation de l’accès aux soins pour les ménages les plus modestes.
Cette réforme s’ajoute à d’autres mesures d’économies engagées par le gouvernement dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. Le transfert de remboursements vers les complémentaires santé est une tendance observée depuis plusieurs années, mais cette nouvelle étape marque une accélération du mouvement. Les experts estiment que ces changements pourraient entraîner une hausse des primes des mutuelles, ce que le gouvernement cherche à atténuer par la négociation.
En attendant, les assurés sont invités à vérifier les garanties de leur complémentaire santé pour anticiper d’éventuels changements dans la prise en charge de leurs soins. Le ministère de la Santé promet une communication détaillée avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles.



