La Fifa a renoncé, dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, à son projet d’ouvrir une partie de ses activités commerciales à des investisseurs privés. Le président de l’instance mondiale, Gianni Infantino, a annoncé l’abandon de la Fifa Forward Entreprise (FFE), la structure qui devait gérer les activités commerciales et événementielles de l’organisation, après plusieurs jours de critiques venues du monde entier.
Présenté mardi, ce plan visait à renforcer le financement du développement du football. La Fifa comptait céder jusqu’à 20 % de cette nouvelle société à des investisseurs privés afin de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. L’objectif affiché était de porter à 10 milliards de dollars les fonds consacrés au développement du football au cours des quatre prochaines années.
Dans un communiqué, Gianni Infantino a justifié son revirement. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial », a-t-il déclaré. Le dirigeant a ajouté: « Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue. »
L’abandon du projet intervient alors que les principales confédérations avaient exprimé leur opposition, parfois de manière très ferme. L’UEFA avait menacé, « à l’unanimité », de ne pas participer aux prochaines compétitions organisées par la Fifa, y compris la Coupe du monde, si la réforme était maintenue. La Concacaf, qui représente l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes, avait également rejeté le dispositif. La Confédération asiatique (AFC) avait estimé que le plan « ne pouvait parvenir au large consensus et à l’unité nécessaires pour aller de l’avant ».
Les confédérations africaine et océanienne avaient, pour leur part, appelé leurs membres à examiner le projet, tandis que la Conmebol, qui chapeaute le football sud-américain, réclamait des « informations supplémentaires » et des « clarifications ». Cette contestation quasi générale a placé la Fifa dans une position délicate, quelques mois avant la prochaine Coupe du monde.
Ce recul marque un revers pour Gianni Infantino, qui avait présenté cette ouverture aux investisseurs comme un moyen de donner un nouvel élan financier au football mondial. Plusieurs observateurs du football avaient critiqué le plan sur le fond comme sur la forme, craignant notamment une influence accrue de fonds privés sur le fonctionnement de l’instance et sur l’organisation des compétitions.
La Fifa assure désormais vouloir retrouver un climat d’unité. « Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser », a répété son président, avant d’enterrer définitivement la proposition. Reste à savoir comment l’organisation compte financer ses ambitions de développement dans les prochaines années, l’abandon du projet laissant ouverte la question du budget consacré au football mondial.
En renonçant à cette réforme, l’instance de Zurich clôt un épisode marqué par une rare union des confédérations contre son président. La décision devrait apaiser les relations avec l’UEFA et les autres fédérations, qui attendaient ce renoncement avec impatience. Le football international retrouve ainsi une forme de statu quo, après une semaine de tensions sans précédent autour de la gouvernance de la Fifa.



