Société 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Policiers, électriciens-gaziers et chercheurs mobilisés à Paris ce mardi
Plusieurs corps de métier manifestent ce mardi à Paris pour défendre leur pouvoir d'achat et réclamer davantage de moyens. Les électriciens et gaziers protestent contre la remise en cause de leur tarif préférentiel de l'énergie, tandis que policiers et chercheurs avancent leurs propres revendications.
Plusieurs professions descendent dans la rue ce mardi à Paris. Électriciens et gaziers, policiers et enseignants-chercheurs figurent parmi les corps de métier appelés à manifester, principalement pour défendre leur pouvoir d'achat et obtenir davantage de moyens pour accomplir leurs missions.
Chez les électriciens et gaziers, la mobilisation vise d'abord à marquer l'opposition à une remise en cause du tarif préférentiel de l'énergie dont ils bénéficient. Ce dispositif, qui fait partie intégrante de leur rémunération, est dans le viseur du gouvernement. Le ministère de l'Énergie indique avoir reçu « une mise en demeure de la Cour des comptes » lui demandant de se « mettre en conformité sur la valorisation de cet écart […] entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie ». La question devrait être tranchée par arrêté ministériel.
Ce tarif agent, composante historique du statut des électriciens et gaziers, concerne environ 140 000 salariés du secteur, ainsi que près de 160 000 retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF, dont Engie, Enedis, GRDF et d'autres distributeurs locaux d'énergie. Dans un rapport publié à la mi-juillet, la Cour des comptes évalue son coût à « plus de 700 millions d'euros en 2024 » pour le groupe EDF. Elle affirme que ses bénéficiaires « acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs ». Un chiffre contesté par certains syndicalistes, qui évoquent un tarif autour de 10 % de celui payé en moyenne par les ménages.
Du côté des forces de l'ordre, le syndicat Alliance Police nationale appelle à la mobilisation pour obtenir des mesures salariales et davantage de moyens. Le parcours choisi se veut symbolique, de l'avenue des Champs-Élysées à l'Assemblée nationale. Parmi les revendications figurent la prime voie publique pour les CRS et certaines unités de la police aux frontières, des corrections pour la prime investigation et un statut spécifique pour les policiers scientifiques. Le secrétaire général adjoint Loïc Travers réclame également « un peu de mesures salariales et de la vraie considération pour les collègues travaillant en préfectures ».
Dans l'enseignement supérieur et la recherche, cette journée constitue un premier round avant la grande mobilisation nationale du 29 septembre. Une large intersyndicale appelle à une journée nationale contre le sous-financement chronique de l'enseignement supérieur et de la recherche publique, la dégradation des conditions d'étude et de travail, ainsi que les mesures qui fragilisent l'accès de toutes et tous à l'enseignement supérieur. L'intersyndicale estime qu'il manque au minimum 8 milliards d'euros à l'enseignement supérieur et 8 milliards à la recherche publique.
D'autres secteurs sont également mobilisés. Des pêcheurs ont lancé le mouvement dès 3 heures du matin en bloquant un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer. Les agents de l'État sont invités à se rassembler principalement devant les ministères de tutelle de leurs corporations respectives, à l'appel des syndicats. Cette convergence de mécontentements illustre l'ampleur des tensions sociales autour des questions salariales et des moyens alloués aux services publics.




