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dimanche 20 septembre 2026 · Paris

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Nasser al-Khelaïfi visé par une enquête pour prise illégale d'intérêts dans l'attribution des droits TV de la Ligue 1

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire en avril visant le président du PSG et de beIN Media Group, soupçonné d'avoir pesé sur l'attribution des droits télévisuels de la Ligue 1. Son avocat conteste fermement les accusations.

Nasser al-Khelaïfi visé par une enquête pour prise illégale d'intérêts dans l'attribution des droits TV de la Ligue 1
Droits TV : Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi visé en France par une enquête pour prise illégale d’intérêts

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts visant Nasser al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et de beIN Media Group, dans le cadre de l'attribution des droits télévisuels de la Ligue 1. L'information, révélée par le quotidien sportif L'Équipe et confirmée dimanche par le ministère public, place le dirigeant qatari au cœur d'une procédure judiciaire qui interroge les liens entre son club, son groupe audiovisuel et la Ligue de football professionnel (LFP).

Les investigations ont été confiées à la Brigade financière anti-corruption (BFAC) et ouvertes le 24 avril, à la suite d'un signalement de l'association anticorruption Anticor. Selon cette dernière, Nasser al-Khelaïfi aurait « exercé de fortes pressions sur les autres présidents des clubs de Ligue 1 » lors d'une réunion préparatoire tenue en visioconférence en juillet 2024, consacrée à l'attribution des droits de diffusion du championnat. L'objectif, affirme Anticor, était que l'offre proposée par beIN Sports soit acceptée. L'association reproche également au dirigeant d'avoir participé à cette réunion alors qu'il présidait simultanément beIN Media Group, une situation susceptible de compromettre son impartialité et son indépendance dans une opération qu'il était censé superviser.

Les images de cette réunion ont été rendues publiques par l'émission Complément d'enquête sur France 2 et par L'Équipe. Elles montrent de vives tensions entre Nasser al-Khelaïfi et plusieurs autres présidents de clubs de l'élite du football français. La rencontre s'est tenue au lendemain d'une offre de 100 millions d'euros formulée par beIN Sports à la LFP pour la diffusion d'un match de Ligue 1 par semaine. La Ligue avait finalement accepté cette proposition, ce qui a nourri les soupçons de conflit d'intérêts.

Dans son signalement, Anticor estime que le président du PSG a « pris un intérêt de nature à compromettre son impartialité, son indépendance ou son objectivité, dans une opération pour laquelle il avait la charge d'assurer la surveillance ». L'association souligne que le dirigeant aurait sous-entendu, lors des échanges, qu'il était à l'origine de l'offre de beIN Sports, renforçant selon elle l'illégalité de sa position.

La défense de Nasser al-Khelaïfi conteste avec fermeté l'ensemble de ces accusations. « Les allégations portées à l'encontre de Nasser al-Khelaïfi sont sans fondement : ni juridique ni factuel », a déclaré dimanche son avocat, Renaud Semerdjian. Il insiste : son client « a toujours agi de manière indépendante, impartiale et objective, et ce, en toutes circonstances ». Cette réaction vise à écarter toute suspicion de partialité dans un dossier sensible pour la gouvernance du football professionnel français.

L'affaire intervient dans un contexte de vives tensions autour de la commercialisation des droits télévisuels de la Ligue 1, un marché en pleine mutation où se croisent clubs, diffuseurs et instances dirigeantes. La question de l'indépendance des décideurs et de la transparence des procédures d'attribution est au cœur des préoccupations, alors que les montants en jeu sont considérables pour l'équilibre financier des clubs.

L'enquête préliminaire devra déterminer si les faits reprochés à Nasser al-Khelaïfi caractérisent une infraction pénale. Pour l'heure, aucune mise en examen n'a été annoncée et le dirigeant bénéficie de la présomption d'innocence. Le parquet de Paris n'a pas précisé le calendrier des investigations, qui s'annoncent longues et complexes, tant les ramifications entre sport, médias et finance sont nombreuses.

Cette procédure s'ajoute à une série de dossiers qui, ces dernières années, ont conduit les autorités à s'intéresser de près aux conditions dans lesquelles les droits du football français sont négociés et attribués. Elle pourrait peser sur les discussions à venir entre la LFP et ses partenaires, alors que le paysage audiovisuel du sport connaît des bouleversements profonds.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.