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jeudi 3 septembre 2026 · Paris

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Ceuta : un rapport policier espagnol met en doute le rôle des forces marocaines

Un rapport du Centre national de l'immigration et des frontières espagnol évoque un déploiement policier marocain « sensiblement plus réduit que d'ordinaire » et une « totale permissivité » lors de l'afflux de migrants à Ceuta fin juillet, contredisant la position du gouvernement de Pedro Sánchez.

Ceuta : un rapport policier espagnol met en doute le rôle des forces marocaines
Crise de Ceuta : un rapport policier espagnol sème le doute sur le rôle des forces de l’ordre marocaines

L’afflux massif de migrants à Ceuta, les 30 et 31 juillet, continue d’alimenter la controverse en Espagne. Un rapport rédigé par les enquêteurs du Centre national de l’immigration et des frontières (CENIF) met en avant un dispositif policier marocain « sensiblement plus réduit que d’ordinaire » autour de la frontière et évoque une réponse marquée par une « totale permissivité » face aux tentatives d’entrée dans l’enclave espagnole. Ces éléments, consultés par l’Agence France-Presse mercredi 2 septembre, pourraient fragiliser la position du gouvernement de Pedro Sánchez, qui a toujours rejeté toute responsabilité des autorités marocaines.

Selon le document, de nombreux migrants entrés à Ceuta ont livré des témoignages convergents sur la présence policière observée à la frontière les jours de la crise. Les enquêteurs soulignent qu’aucune tentative sérieuse pour disperser ou éloigner la foule n’aurait été constatée lors de la journée du 30 juillet. Le rapport estime que les moyens de sécurité mobilisés au Maroc à l’occasion de la Fête du Trône, célébrée ce même jour, auraient dû permettre un contrôle plus ferme de la situation. Les policiers espagnols décrivent au contraire une réaction progressive jugée plus lente que ce qu’exigeait un événement de cette ampleur.

Les enquêteurs relèvent également des comportements qu’ils considèrent, selon les cas, « compatibles avec un comportement de facilitation de l’immigration irrégulière ». Ils s’appuient notamment sur des déclarations de migrants et sur des vidéos diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux. Plusieurs migrants interrogés ont raconté que des policiers marocains leur auraient indiqué de passer par la mer dans la zone de la jetée d’El Tarajal plutôt que par d’autres accès.

Face à la controverse, le ministère espagnol de l’Intérieur a multiplié les démentis mercredi. Des responsables policiers ont assuré qu’aucun rapport n’attribuait la responsabilité de cet afflux massif à un gouvernement, un service ou une personne déterminée. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a demandé à être informé du contenu exact du document. Dans la foulée, la direction générale de la police a nié l’existence d’un rapport attribuant directement aux forces marocaines la responsabilité de l’entrée massive de migrants à Ceuta.

Lundi encore, Pedro Sánchez assurait qu’aucun service de renseignement collaborant avec l’Espagne ne faisait apparaître de doute quant à une éventuelle implication des autorités marocaines dans cet épisode migratoire. La publication de ce rapport relance toutefois le débat sur la gestion de la frontière et sur les relations entre Madrid et Rabat, alors que l’enclave de Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte nord du Maroc, est régulièrement le théâtre de tentatives d’entrée de migrants.

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.