Le nouveau gouvernement britannique, dirigé par le Premier ministre Andy Burnham, a annoncé une mesure choc pour lutter contre la précarité énergétique: la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l'électricité des ménages pour l'hiver prochain. Cette décision, dévoilée peu après la prise de fonction de M. Burnham le 20 juillet 2026, vise à alléger la facture énergétique des foyers britanniques, confrontés à une hausse des prix de l'énergie et à un coût de la vie élevé. La mesure s'inscrit dans un programme plus large de réformes économiques et sociales promises par le nouveau locataire du 10 Downing Street.

Andy Burnham, qui a succédé à Keir Starmer après une élection anticipée, a fait de la lutte contre la crise du coût de la vie l'une de ses priorités absolues. Dans son premier discours devant le 10 Downing Street, il a promis de « distribuer le pouvoir partout dans le pays » et de mettre en œuvre des politiques concrètes pour améliorer le quotidien des Britanniques. La suppression de la TVA sur l'électricité, qui représente une baisse significative du prix de l'énergie pour des millions de foyers, est la première mesure phare de son mandat. Elle devrait entrer en vigueur dès le début de l'automne, avant la période hivernale où la consommation d'électricité est la plus élevée.

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions sur les marchés de l'énergie, exacerbées par la guerre en Ukraine et les perturbations des chaînes d'approvisionnement. Les ménages britanniques, déjà durement touchés par l'inflation et la hausse des prix alimentaires, attendent des mesures de soutien rapides et efficaces. Le gouvernement Burnham a également indiqué qu'il travaillait sur d'autres dispositifs, tels que des aides directes au chauffage et un plafonnement des tarifs réglementés, pour compléter cette suppression de TVA. L'objectif affiché est de réduire la facture énergétique moyenne des ménages de plusieurs centaines de livres sterling par an.

La composition du nouveau gouvernement, dévoilée le 21 juillet, reflète cette orientation sociale et économique. John Healey, ancien ministre de la Défense, a été nommé chancelier de l'Échiquier, chargé de superviser la mise en œuvre de ces réformes budgétaires. Ed Miliband, figure de l'aile gauche du Parti travailliste, a pris la tête du ministère des Affaires étrangères, tandis que Wes Streeting a été nommé à la Défense. Cette équipe, qui écarte plusieurs proches de l'ancien Premier ministre Keir Starmer, marque un virage politique net, axé sur la justice sociale et la redistribution des richesses. La nomination de John Healey aux Finances est perçue comme un gage de sérieux budgétaire, mais aussi comme un signal fort en faveur d'une politique économique plus interventionniste.

La suppression de la TVA sur l'électricité a été saluée par les associations de consommateurs et les syndicats, qui y voient une première étape nécessaire pour protéger les plus vulnérables. Cependant, certains économistes mettent en garde contre l'impact de cette mesure sur les finances publiques, déjà fragilisées par des années de déficits et de dette élevée. Le gouvernement devra trouver des sources de financement alternatives, peut-être via une taxation accrue des grandes entreprises énergétiques ou une réforme de la fiscalité sur les carburants. Le débat parlementaire sur cette mesure s'annonce vif, mais la majorité travailliste, confortée par sa récente victoire électorale, devrait permettre son adoption rapide.

Au-delà de cette mesure immédiate, le gouvernement Burnham prépare un plan de transition énergétique à long terme, visant à réduire la dépendance du Royaume-Uni aux énergies fossiles et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables. La suppression de la TVA sur l'électricité s'inscrit dans cette stratégie: en rendant l'électricité moins chère, le gouvernement espère encourager les ménages à abandonner le gaz et le fioul pour le chauffage électrique, notamment via des pompes à chaleur. Ce volet écologique, porté par Ed Miliband aux Affaires étrangères, devrait être détaillé dans les prochaines semaines, avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions de carbone.

L'annonce de cette mesure a également des répercussions politiques immédiates. L'opposition conservatrice, affaiblie par sa défaite électorale, critique une décision qu'elle juge « populiste » et « non financée ». De son côté, le Parti libéral-démocrate réclame des mesures encore plus ambitieuses, comme la nationalisation partielle du secteur énergétique. Le nouveau gouvernement, fort de sa légitimité fraîchement acquise, semble déterminé à aller de l'avant, quitte à bousculer les équilibres budgétaires traditionnels. Les prochains mois seront décisifs pour juger de l'efficacité de cette politique et de son acceptation par l'opinion publique.