Actualités 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Les Houthis prennent le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb
Les rebelles houthis, alliés de l'Iran, ont pris le contrôle de la côte yéménite sur la mer Rouge et de l'accès au détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique entre l'Europe et l'Asie. Téhéran dément toute implication, tandis que le prix du pétrole pourrait flamber.
Les rebelles houthis, qui contrôlent de facto une grande partie du Yémen depuis une dizaine d'années, ont pris le contrôle de la côte yéménite sur la mer Rouge et de l'accès au détroit de Bab el-Mandeb. Cette offensive éclair, menée vendredi 11 septembre, place le mouvement rebelle allié de l'Iran sur un point de passage hautement stratégique au Moyen-Orient, par lequel transite une partie de la production pétrolière mondiale.
Le détroit de Bab el-Mandeb, situé entre la corne de l'Afrique et la péninsule Arabique, constitue un verrou maritime sur la route entre l'Europe et l'Asie. Sa prise de contrôle par les Houthis pourrait faire flamber le prix du baril de pétrole, selon plusieurs observateurs. L'Arabie saoudite, ennemie jurée des rebelles, se trouve mise en échec après des années d'intervention militaire au Yémen.
Cette avancée soulève des questions sur la résilience militaire du groupe rebelle et sur son rôle croissant dans la région. Comment les Houthis sont-ils parvenus à s'imposer comme un acteur majeur, malgré une coalition internationale soutenue par Riyad ? Le mouvement, issu d'une rébellion zaïdite dans le nord du Yémen, a progressivement étendu son emprise territoriale et renforcé ses capacités militaires, notamment par l'usage de drones et de missiles balistiques.
Face à cette situation, l'Iran a démenti toute implication dans la guerre au Yémen. Téhéran a déclaré que les Houthis étaient « des acteurs totalement indépendants », qui « prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts ». Cette prise de position intervient alors que les liens entre la République islamique et le mouvement rebelle sont régulièrement pointés du doigt par les capitales occidentales et par Riyad.
La prise du détroit de Bab el-Mandeb pourrait avoir des conséquences économiques importantes. Une partie du trafic maritime mondial, notamment les tankers transportant du pétrole en provenance du golfe Persique, emprunte ce passage. Toute perturbation durable de la navigation dans cette zone pourrait entraîner une hausse des coûts de transport et une volatilité accrue des prix de l'énergie.
Sur le plan géopolitique, cet événement renforce la position des Houthis comme interlocuteur incontournable dans le conflit yéménite. Il affaiblit également la stratégie saoudienne, qui visait à restaurer le gouvernement yéménite et à contenir l'influence iranienne. La communauté internationale, déjà mobilisée sur d'autres crises, pourrait être appelée à réagir face à cette nouvelle donne.
Les questions restent nombreuses quant à la capacité des Houthis à tenir durablement ce point de passage et à en tirer un avantage stratégique. Leur contrôle de la côte yéménite sur la mer Rouge leur confère néanmoins un levier de négociation considérable, tant vis-à-vis de leurs adversaires régionaux que des puissances mondiales dépendantes de la libre circulation maritime.




