Culture 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
« Il était une Voix… Céline Dion » : un documentaire sur France 2 explore la carrière de la chanteuse à travers son instrument vocal
France 2 diffuse mardi un documentaire consacré à Céline Dion, construit autour de sa voix. Le réalisateur Yann Grasland explique comment il a monté ce film à partir d'archives, d'interviews et de performances scéniques, à l'approche des concerts parisiens de la star québécoise.
Comment raconter Céline Dion autrement qu'en s'attardant sur ce qui fait son identité artistique depuis quarante ans ? C'est le parti pris de « Il était une Voix… Céline Dion », documentaire diffusé ce mardi à 21h10 sur France 2. Narré par Nagui et réalisé par Yann Grasland, le film retrace la carrière de la chanteuse québécoise en plaçant son organe vocal au centre du récit, à quelques jours de ses concerts très attendus à Paris.
L'idée du projet est née d'une écoute attentive de bandes sonores. Nagui, à l'origine du documentaire, a contacté Yann Grasland pour lui proposer de venir entendre des enregistrements. Parmi eux figurait une reprise de « Satisfaction » des Rolling Stones interprétée par Céline Dion et Jean-Jacques Goldman lors d'une répétition. « Lorsqu'on écoute, seule, la voix de Céline Dion, ça met le frisson », confie le réalisateur. C'est à ce moment que l'équipe a décidé de construire le film autour de la voix et des performances scéniques de l'artiste, en s'appuyant sur des archives, notamment celles de l'émission « Taratata », et sur des interviews de collaborateurs comme le réalisateur Gérard Pulicino ou l'auteur-compositeur David Marouani, connu sous le nom de David Gategno.
Filmer une voix impose des choix techniques particuliers. Yann Grasland précise que le documentaire n'a pas eu recours à l'intelligence artificielle. Les équipes ont toutefois nettoyé certaines archives afin d'isoler la voix de Céline Dion lorsque des instruments de musique revenaient dans le micro. « L'idée était de mettre sa voix le plus possible en avant », explique-t-il. Le montage, construit sur quatre-vingt-dix minutes, mêle des images inédites et un récit à la fois chronologique et thématique.
Le documentaire revient sur les débuts de la chanteuse, la manière dont sa voix a été remarquée au sein de la famille Dion, puis sa rencontre avec René Angélil. Il évoque également ses duos, en particulier celui avec Jean-Jacques Goldman en 1995, qui lui a « appris à déchanter », ainsi que son passage à l'anglais pour conquérir un public international. Au fil des années, Céline Dion a « musclé » sa voix et appris à mieux la gérer, souligne le réalisateur. Elle le dit elle-même : autrefois, un problème vocal nécessitait une semaine de repos ; aujourd'hui, deux jours suffisent.
La maladie fait désormais partie de cette gestion vocale. Dans une interview donnée en 2024, Céline Dion avait indiqué qu'elle ne percevait plus sa voix de la même manière et qu'elle avait dû apprendre à travailler différemment. Le documentaire montre comment ces évolutions physiques influencent son rapport à son instrument. Yann Grasland partage également une anecdote surprenante : avant ses concerts, la chanteuse consomme de petits biscuits salés en apéritif pour stimuler sa salivation et éviter que ses cordes vocales ne soient sèches.
Interrogé sur l'engouement suscité par les concerts parisiens de Céline Dion, le réalisateur, qui ne se présente pas comme un fan absolu, estime que le succès de l'artiste ne tient pas uniquement à sa voix. « La manière dont elle communique avec le public depuis le début de sa carrière, c'est extraordinaire », observe-t-il. Sa voix, sa sincérité et son émotion la distinguent, selon lui. Cette dynamique se traduit d'ailleurs par une hausse des écoutes de ses titres sur les plateformes de streaming musical, notamment en France, à l'approche de ses représentations.




