Culture 4 min de lecture Par Pauline Delorme
L'Académie Goncourt retire le roman de Thélyson Orélien de sa sélection
L'Académie Goncourt a annoncé vendredi le retrait de « C'était ça ou mourir » de Thélyson Orélien de sa première sélection, invoquant des plagiats et un recours massif à l'intelligence artificielle. Une nouvelle liste sera publiée le 6 octobre.
L'Académie Goncourt a annoncé vendredi le retrait du roman « C'était ça ou mourir » de Thélyson Orélien de sa première sélection pour le prix littéraire, décerné le 4 novembre. La décision, prise par l'institution présidée par l'écrivain Philippe Claudel, fait suite à des accusations de plagiats et à des soupçons d'utilisation de l'intelligence artificielle visant l'auteur canado-haïtien.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, l'Académie explique que ce choix « est dicté par la volonté de préserver l'intégrité du prix Goncourt et celle de l'Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ». L'institution met en avant « les plagiats dont son auteur s'est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d'être révélés », ainsi que « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que C'était ça ou mourir est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle ».
L'Académie Goncourt affirme vouloir « envoyer un message clair » et « affirmer que nous ne cautionnons ni n'adoubons d'une façon ou d'une autre la création de textes générés avec l'aide de l'IA ». Cette prise de position intervient alors que les débats sur l'usage de l'intelligence artificielle dans la création littéraire se multiplient.
Le roman, publié initialement au Canada puis en France en août, figurait parmi les seize ouvrages de la première sélection du Goncourt. Il s'était imposé comme l'un des best-sellers de la rentrée littéraire et avait obtenu lundi le prix du roman Fnac. Il demeurait également en lice pour d'autres distinctions de l'automne, dont le Fémina et le Médicis.
La tournée promotionnelle de l'auteur a par ailleurs été suspendue, selon plusieurs sources concordantes. L'affaire a pris une ampleur particulière au Canada, où des allégations de plagiat portant sur des textes antérieurs ont été relayées.
L'Académie Goncourt rendra publique sa deuxième liste le 6 octobre. Le lauréat du prix, l'un des plus prestigieux de la francophonie, sera connu le 4 novembre. Ce retrait constitue une décision inédite dans l'histoire récente du prix, qui n'avait jamais exclu un ouvrage de sa sélection pour des motifs liés à l'intelligence artificielle.
L'affaire Thélyson Orélien illustre les tensions croissantes entre le monde littéraire et les outils de génération automatique de textes. Si plusieurs maisons d'édition ont commencé à encadrer l'usage de ces technologies, les jurys de prix se trouvent confrontés à la question de la vérification de l'originalité des œuvres soumises. La décision du Goncourt pourrait faire jurisprudence et inciter d'autres institutions à renforcer leurs critères d'évaluation.
Pour l'heure, ni Thélyson Orélien ni son éditeur français, Grasset, n'ont réagi publiquement à l'annonce de l'Académie. Le retrait du roman de la sélection laisse la place à d'autres titres, dont la liste définitive sera dévoilée dans les prochaines semaines.
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