Culture 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Thélyson Orélien, en lice pour le Goncourt, dément avoir utilisé l'IA pour écrire son roman
Accusé d'avoir rédigé « C'était ça ou mourir » avec l'intelligence artificielle, l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien s'en défend, soutenu par son éditeur, alors que la polémique agite la rentrée littéraire.
L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, dont le roman « C'était ça ou mourir » figure parmi les événements de la rentrée littéraire française et le place en lice pour le prix Goncourt, a démenti avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour l'écrire. Il s'est défendu mardi 22 septembre, soutenu par sa maison d'édition, face à des accusations qui agitent le monde des lettres.
La polémique est née d'un compte sur le réseau social X, qui affirme que le détecteur d'IA Pangram estime que le roman est « presque intégralement rédigé par l'IA ». L'affirmation a été immédiatement relayée, notamment par la fachosphère, et a nourri une vaste controverse sur la place de l'intelligence artificielle en littérature.
Thélyson Orélien n'est pas seulement romancier : il est aussi poète, et son parcours d'auteur québécois d'origine haïtienne a été salué comme l'une des révélations de cette rentrée. Son roman, présenté comme un phénomène, est en passe de devenir le point de fixation d'un débat qui dépasse le seul cas de son auteur.
Selon plusieurs observateurs, ces accusations s'inscrivent dans une série visant des auteurs étrangers noirs, ce qui a conduit l'écrivain à dénoncer des « attaques racistes ». Le soutien de son éditeur, qui a pris position à ses côtés, souligne l'ampleur de l'enjeu : il ne s'agit pas seulement de vérifier l'origine d'un texte, mais de mesurer les conséquences d'une suspicion publique sur la réputation d'un auteur et sur la réception de son œuvre.
La question de la détection de l'IA reste par ailleurs controversée. Les outils comme Pangram produisent des estimations, non des preuves, et leur fiabilité est régulièrement mise en cause. Dans le cas de « C'était ça ou mourir », aucune démonstration formelle n'a été apportée pour étayer l'accusation, qui repose sur l'affirmation d'un compte anonyme.
Cette affaire intervient alors que l'intelligence artificielle générative bouleverse les métiers de l'écrit et que les maisons d'édition cherchent à encadrer son usage. Elle illustre la tension entre la promesse d'outils capables de repérer les textes machines et le risque de voir des auteurs légitimes mis en cause sur la base de simples soupçons.
Pour Thélyson Orélien, l'enjeu est double : préserver sa candidature au Goncourt et défendre l'authenticité de son travail. Son éditeur a réaffirmé sa confiance, tandis que l'écrivain continue de rejeter en bloc les accusations. La polémique, elle, ne semble pas près de retomber, tant elle touche à des questions de fond sur la création, la technologie et la reconnaissance des voix venues d'ailleurs.
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