Deux personnes infectées par la cyclosporose sont mortes dans le Michigan, alors que l’épidémie de cette maladie intestinale surnommée « diarrhée explosive » continue de se propager aux États-Unis. Selon le gouvernement de l’État, les deux victimes présentaient déjà des pathologies sous-jacentes graves. Les services de santé locaux estiment que l’infection au parasite et la sévère déshydratation qu’elle provoque ont pu aggraver leur état initial.
La cyclosporose est causée par un parasite microscopique, Cyclospora cayetanensis, transmis par voie fécale-orale lorsqu’une personne ingère de l’eau ou des aliments contaminés. L’infection est généralement bénigne, mais elle reste particulièrement invalidante. Elle se manifeste par des diarrhées aiguës, des vomissements et de violentes crampes musculaires. Sans traitement, ces symptômes éprouvants peuvent persister pendant plus d’un mois, ce qui expose les malades, surtout les plus fragiles, à un risque important de déshydratation.
Le Michigan est au cœur de la crise sanitaire. À la fin du mois de juillet, l’État comptait plus de 11 000 cas suspects ou confirmés et près de 200 hospitalisations. L’épidémie touche désormais la quasi-totalité des États américains, mais c’est dans le Michigan que se situe l’épicentre du phénomène. Cette concentration de malades explique l’attention particulière portée par les autorités locales et fédérales à l’évolution de la situation.
L’enquête sanitaire fédérale semble avoir identifié l’origine probable de la contamination. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) attribuent l’épidémie à un parasite présent dans de la laitue vendue par la chaîne de restauration rapide Taco Bell dans cinq États américains. Les éléments rassemblés par les enquêteurs pointent vers de la laitue importée du Mexique. Cette annonce a renforcé l’inquiétude des consommateurs et a placé la sécurité alimentaire au centre des préoccupations.
De son côté, Taco Bell a réagi rapidement. La chaîne a annoncé que l’ingrédient concerné, provenant de son fournisseur, était retiré pour une durée indéterminée de sa chaîne d’approvisionnement à l’échelle nationale. Il sera remplacé dans les 24 heures dans certains États. Cette décision vise à stopper la propagation du parasite tout en limitant, autant que possible, les perturbations dans les restaurants. Elle montre aussi l’ampleur de l’épisode: un seul ingrédient frais a suffi à déclencher une crise sanitaire suivie au niveau fédéral.
Dans les supermarchés comme dans les fast-foods, la question de l’origine des produits frais devient centrale. L’épidémie de cyclosporose rappelle que la contamination d’un maillon de la chaîne d’approvisionnement peut rapidement se transformer en vague de malades à l’échelle nationale. Les autorités sanitaires poursuivent leurs vérifications pour déterminer précisément quels lots de laitue sont en cause et éviter que de nouveaux cas n’apparaissent dans les prochaines semaines.



