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lundi 2 novembre 2026 · Paris

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Le procès des « Dubaï Papers » s’ouvre à Paris pour fraude fiscale et blanchiment

Treize personnes et trois sociétés comparaissent à Paris pour avoir fait transiter 200 millions d’euros, via des structures offshore, afin de les soustraire au fisc.

Le procès des « Dubaï Papers » s’ouvre à Paris pour fraude fiscale et blanchiment
humanite.fr

Treize personnes et trois sociétés comparaissent à partir de ce lundi 2 novembre devant le tribunal de Paris pour fraude fiscale et blanchiment en bande organisée. Selon l’accusation, ils ont fait disparaître 200 millions d’euros des radars du fisc en les faisant transiter, par l’intermédiaire de sociétés offshore, vers des comptes bancaires répartis dans le monde entier.

Le dossier, connu sous le nom de « Dubaï Papers », tire son surnom de la société suisse Jawer. Relocalisée aux Émirats arabes unis à partir de 2007, celle-ci avait été installée là-bas pour contourner la levée du secret bancaire helvétique, un contexte qui a donné son intitulé à l’affaire.

Au cœur du dossier figure le cabinet Hélin International. Neuf de ses responsables, trois avocats et un expert-comptable français sont jugés à partir de lundi. Ils sont accusés d’avoir méthodiquement aidé plus de 300 contribuables français à frauder le fisc pendant des années, grâce à des montages financiers sophistiqués.

Les magistrats décrivent un dispositif qu’ils qualifient d’« officine de fraude fiscale à grande échelle ». L’accusation retient la fraude fiscale et le blanchiment en bande organisée, deux infractions qui supposent une organisation structurée et une répétition des opérations sur plusieurs années. Le caractère « en bande organisée » tient précisément à cette continuité : il ne s’agit pas d’opérations isolées, mais d’un service rodé, proposé à une clientèle identifiée.

Ce procès met en lumière la manière dont des capitaux peuvent être dissimulés hors de France grâce à une chaîne de sociétés et de comptes à l’étranger. La succession de structures, de sociétés écrans et de comptes ouverts dans différents pays rend le suivi des flux particulièrement complexe pour l’administration fiscale. Le dossier illustre ainsi les difficultés des autorités à remonter des montages qui traversent plusieurs juridictions, alors même que la coopération internationale en matière bancaire s’est renforcée au fil des années.

Le choix d’Abou Dhabi, puis de Dubaï, pour installer la structure n’est pas anodin. Le déplacement de la société Jawer vers les Émirats arabes unis visait à sortir les avoirs de l’orbite d’un système helvétique alors soumis à une pression croissante sur le secret bancaire. Le surnom retenu pour l’affaire résume ce parcours : une entité suisse devenue, à partir de 2007, un maillon émirati d’un dispositif destiné à rendre les fonds plus difficiles à suivre.

Les audiences doivent permettre d’établir le rôle précis de chacun des prévenus et l’ampleur des montages mis en place. Les débats porteront notamment sur les mécanismes utilisés pour faire transiter les fonds et sur les responsabilités respectives des personnes physiques et des sociétés poursuivies, qu’il s’agisse des responsables du cabinet, des avocats ou de l’expert-comptable. Pour les contribuables concernés, dont le nombre dépasse 300, la question centrale sera celle de leur connaissance des montages qui leur étaient proposés.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.