Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu ce mardi par Donald Trump à la Maison-Blanche pour un entretien d'environ une heure dans le Bureau ovale. Les deux dirigeants ont notamment discuté de la possibilité pour l'Ukraine de produire des intercepteurs Patriot, des missiles sol-air essentiels à la défense antiaérienne du pays face aux intensifications des frappes russes.
Sur le réseau social X, Volodymyr Zelensky a indiqué avoir évoqué avec le président américain « des licences pour la production d'intercepteurs Patriot et d'autres idées qui pourraient aider ». De son côté, la Maison-Blanche, par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, a qualifié la rencontre de « positive et productive ». Donald Trump avait déjà fait part début juillet de sa volonté d'autoriser Kiev à fabriquer ces missiles.
Cette rencontre intervient dans un contexte de multiplication des bombardements russes sur les infrastructures ukrainiennes. Par ailleurs, le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, Maciej Wewior, a fermement rejeté les allégations du président russe selon lesquelles l'Ukraine perdrait une partie de son territoire au profit de pays voisins, dont la Pologne. Il a dénoncé sur X une « tentative cynique d'attiser les antagonismes entre alliés », réaffirmant que Varsovie n'a « jamais eu, n'a pas et n'aura pas de revendications territoriales en Ukraine ».
Sur le plan militaire, la région de Moscou a été la cible d'une attaque massive de drones ukrainiens dans la nuit de lundi à mardi. Selon le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, plus de 390 drones se sont dirigés vers la région, dont 81 ont été détruits à l'approche de Moscou. Le gouverneur régional, Andreï Vorobiov, a signalé des dégâts sur un immeuble et plusieurs maisons, sans faire état de victimes pour le moment.
Parallèlement, plusieurs régions russes touchées ces dernières semaines par des pénuries de carburant ont levé ou assoupli les restrictions mises en place. Les autorités évoquent une « stabilisation » de la situation. Depuis des mois, l'Ukraine cible avec des drones des raffineries et des dépôts pétroliers en Russie, provoquant cet été un manque de carburant dans de nombreuses régions, y compris en Crimée annexée. Face à cette situation, certaines régions avaient instauré des limites sur la quantité de carburant vendue par client ou interdit le remplissage de bidons. Lundi et mardi, ces mesures ont été levées ou assouplies dans au moins sept régions, dont Moscou, Saint-Pétersbourg et le sud du pays, particulièrement touché par les pénuries.
Cette levée des restrictions témoigne d'une relative amélioration de l'approvisionnement, même si les frappes ukrainiennes se poursuivent. La rencontre entre Zelensky et Trump intervient alors que Kiev cherche à renforcer ses capacités de défense aérienne face aux bombardements russes qui se sont intensifiés ces dernières semaines. Les discussions sur la production locale de missiles Patriot pourraient constituer une avancée majeure pour l'Ukraine, qui dépend actuellement des livraisons de ses alliés pour se défendre contre les missiles et drones russes.
De son côté, la Russie continue de dénoncer ce qu'elle appelle les « provocations » ukrainiennes et accuse les Occidentaux d'alimenter le conflit. La déclaration polonaise vient rappeler la fermeté des alliés de l'Ukraine face aux tentatives de désinformation russes. Alors que le conflit entre dans son 1 615e jour, les développements de cette journée montrent à la fois une intensification des combats et des efforts diplomatiques pour soutenir Kiev.



