Le gouvernement a ordonné le gel de l’ensemble des ressources économiques de Xenia Fedorova, chroniqueuse prorusse de CNews, qu’il accuse d’ingérence et de relayer la propagande du Kremlin en France. L’arrêté, signé le 30 juillet par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, vient s’ajouter à la procédure d’expulsion déjà engagée contre la journaliste.

Deux jours plus tôt, le ministère de l’Intérieur avait notifié à Xenia Fedorova un arrêté d’expulsion du territoire français. L’administration la présente comme une « menace grave » pour l’ordre public. Le gel des avoirs est présenté comme le prolongement direct de cette décision. Selon le ministère de l’Économie, la mesure vise à prévenir la commission de « nouveaux actes d’ingérence ».

L’expulsion vise sa présence sur le territoire, tandis que le gel des avoirs touche ses ressources financières. En cumulant ces deux outils, l’exécutif cherche à priver la chroniqueuse des moyens de poursuivre, depuis la France, son activité de relais des positions russes.

Ancienne patronne de RT France, Xenia Fedorova est devenue une figure des médias de la galaxie Bolloré. Elle intervient notamment sur CNews, où elle tient une chronique. Les autorités françaises lui reprochent d’avoir mis cette visibilité médiatique au service de la cause russe et de contribuer à la diffusion des arguments du Kremlin dans le débat public français.

En prenant cette double mesure, le gouvernement limite à la fois la présence de la chroniqueuse sur le territoire et sa capacité d’utiliser ses ressources. Le gel de ses fonds porte sur la totalité de ses moyens économiques, une mesure lourde de conséquences pour son activité professionnelle.

Cette décision a suscité une réaction immédiate des groupes Canal+ et Lagardère, employeurs de Xenia Fedorova. Dans un communiqué, ils ont dénoncé « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ».

Les deux groupes médiatiques s’opposent ainsi directement à la position de l’exécutif sur ce dossier. Ils défendent leur chroniqueuse au moment où celle-ci se retrouve au centre d’un différend entre la politique de vigilance de l’État et la liberté éditoriale des antennes.

Le ministère de l’Économie a présenté cet arrêté comme un complément de la mesure d’expulsion. Le gel, prononcé pour une durée d’au moins six mois, prive la chroniqueuse de la libre disposition de l’ensemble de ses ressources économiques. Cette procédure administrative s’ajoute à l’expulsion décidée par le ministère de l’Intérieur.

Cette double procédure illustre la coopération entre les ministères de l’Économie et de l’Intérieur dans le traitement des ingérences étrangères. L’expulsion et le gel des avoirs ont été engagés à quelques jours d’intervalle, l’une fondée sur la « menace grave » pour l’ordre public, l’autre sur la prévention de « nouveaux actes d’ingérence ». La chroniqueuse est donc placée face à deux décisions administratives complémentaires.