Plus de 48 000 migrants ont déjà quitté l'enclave espagnole de Ceuta pour regagner le Maroc, a annoncé le gouvernement espagnol, alors que l'afflux massif enregistré ces derniers jours à la frontière a plongé Madrid dans une crise diplomatique avec ses partenaires européens. Les retours, décrits comme massifs, se poursuivent et semblent marquer un début d'apaisement sur le terrain.

Selon les autorités espagnoles, plus de 50 000 personnes ont rejoint Ceuta depuis le Maroc en l'espace de quelques jours, un mouvement d'une ampleur inédite. Cet afflux a conduit certains responsables européens à évoquer une possible suspension de l'Espagne de l'espace Schengen de libre circulation, une hypothèse rapidement repoussée par Madrid.

Vendredi 31 juillet, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s'est rendu dans l'enclave et a dénoncé une « violation de l'intégrité territoriale » de l'Espagne. Accompagné du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, il a longé la clôture frontalière de Tarajal, qui sépare le territoire espagnol du Maroc.

Au moins 48 300 migrants auraient d'ores et déjà regagné le Maroc, a indiqué le gouvernement espagnol, confirmant l'ampleur du mouvement de retour. Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères a assuré que l'intégrité de l'espace Schengen reste « absolument garantie », malgré l'entrée illégale de milliers de personnes sur le sol espagnol.

« Il n'est pas possible de se déplacer depuis Ceuta et Melilla jusque dans la péninsule sans s'identifier à un poste de contrôle de la police », a-t-il martelé, afin de répondre aux craintes d'une progression incontrôlée des migrants vers le reste du continent. Cette précision visait à rassurer les partenaires européens sur le respect des règles de contrôle aux frontières.

Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles situées sur la côte nord du Maroc, constituent les seules frontières terrestres entre l'Union européenne et l'Afrique. Elles sont régulièrement le théâtre de tentatives d'entrée massives, mais la crise actuelle dépasse les épisodes précédents par son ampleur.

La crise a placé l'Espagne sous le feu de la droite mondiale, qui dénonce une gestion jugée trop permissive des frontières. Les images de centaines de migrants franchissant la clôture ou contournant les digues ont ravivé le débat sur la politique migratoire de l'Union européenne.

Selon plusieurs témoignages, environ 60 000 migrants seraient entrés dans l'enclave en quelques jours, un chiffre qui n'a pas été officiellement confirmé. Madrid a mobilisé des renforts policiers et militaires pour tenter de reprendre le contrôle de la zone, tandis que des structures d'accueil temporaires ont été installées.

Le retour massif vers le Maroc est perçu comme un signe d'apaisement, mais la vigilance reste de mise. Des milliers de personnes se trouvent toujours dans l'enclave et les autorités espagnoles suivent la situation de près.

La question d'une suspension de l'Espagne de l'espace Schengen, soulevée à Bruxelles, a été écartée par le gouvernement espagnol, qui assure que l'intégrité territoriale du pays et la libre circulation européenne sont préservées. La pression demeure toutefois forte sur l'exécutif pour éviter une nouvelle vague migratoire.

Dans les prochains jours, les autorités devront gérer la situation humanitaire dans l'enclave, où des milliers de migrants attendent encore d'être pris en charge ou de regagner le Maroc. L'ampleur de cette crise frontalière laisse entrevoir des semaines de tensions entre l'Espagne, le Maroc et les institutions européennes.