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mercredi 16 septembre 2026 · Paris

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Von der Leyen dévoile sa feuille de route : réseaux sociaux, défense et commerce au menu de l'UE

Devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen a présenté mercredi une série de propositions majeures : interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans, statut de membre associé pour le Canada, création d'un Conseil européen de sécurité et usage de tous les outils face à la Chine.

Von der Leyen dévoile sa feuille de route : réseaux sociaux, défense et commerce au menu de l'UE
UE : Concurrence avec la Chine, canicules, sécurité, IA… Ce qu’il faut retenir du discours d’Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg une feuille de route ambitieuse, mêlant protection des mineurs en ligne, réarmement stratégique et rééquilibrage commercial. Face au Premier ministre canadien Mark Carney, invité pour la première fois à ce discours sur l'état de l'Union, elle a multiplié les annonces destinées à donner un nouveau cap à l'Union européenne.

Première mesure phare : l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans. « Pas de réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans » et « pas de compte personnel avant 15 ans », a déclaré Ursula von der Leyen, précisant que les plateformes devront adopter une conception sécurisée pour les 15-18 ans. Cette proposition vise à protéger les enfants et adolescents face aux risques numériques, dans un contexte de préoccupation croissante des opinions publiques européennes.

Sur le plan géopolitique, la présidente de la Commission a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l'Union européenne. « Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible », a-t-elle affirmé, ajoutant vouloir œuvrer avec Ottawa pour concrétiser cette possibilité. Mark Carney, dont le pays est engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, a été longuement applaudi par les eurodéputés. Il doit s'exprimer jeudi devant le Parlement de Strasbourg. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie européenne de rééquilibrage entre la Chine et les États-Unis, alors que les relations avec Washington demeurent tendues.

Ursula von der Leyen a également annoncé la création d'un Conseil européen de sécurité, associant l'UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni. « L'urgence est encore plus grande aujourd'hui, au vu de la nature et de l'ampleur des risques en jeu », a-t-elle justifié. Elle souhaite aussi doter l'Union d'un « protocole de sécurité d'urgence », inspiré de l'article 4 du traité de l'Otan, qui permettrait des réunions de crise entre États membres en cas de menace. Objectif : renforcer la réactivité européenne face aux crises sécuritaires.

Sur le front commercial, la cheffe de l'exécutif européen a prévenu que l'UE utiliserait « tous les outils » à sa disposition pour réduire son déficit avec la Chine. « Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux », a-t-elle lancé, rappelant que ce déficit atteint « 1 milliard d'euros par jour ». Elle a dénoncé un « choc chinois » entraînant « la désindustrialisation dans les bassins industriels de l'Europe », jugeant la situation « pas durable ». Le dialogue engagé avec Pékin doit produire « des résultats », a-t-elle insisté.

Ces annonces interviennent dans un contexte de fortes attentes autour du discours annuel de la présidente de la Commission. Elles dessinent les priorités d'une Union qui cherche à la fois à protéger ses citoyens, à affirmer sa souveraineté et à peser face aux grandes puissances. Les propositions devront désormais être discutées avec les États membres et le Parlement européen avant toute mise en œuvre.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.