Politique 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Von der Leyen dévoile sa feuille de route : réseaux sociaux, défense et commerce au menu de l'UE
Devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen a présenté mercredi une série de propositions majeures : interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans, statut de membre associé pour le Canada, création d'un Conseil européen de sécurité et usage de tous les outils face à la Chine.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg une feuille de route ambitieuse, mêlant protection des mineurs en ligne, réarmement stratégique et rééquilibrage commercial. Face au Premier ministre canadien Mark Carney, invité pour la première fois à ce discours sur l'état de l'Union, elle a multiplié les annonces destinées à donner un nouveau cap à l'Union européenne.
Première mesure phare : l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans. « Pas de réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans » et « pas de compte personnel avant 15 ans », a déclaré Ursula von der Leyen, précisant que les plateformes devront adopter une conception sécurisée pour les 15-18 ans. Cette proposition vise à protéger les enfants et adolescents face aux risques numériques, dans un contexte de préoccupation croissante des opinions publiques européennes.
Sur le plan géopolitique, la présidente de la Commission a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l'Union européenne. « Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible », a-t-elle affirmé, ajoutant vouloir œuvrer avec Ottawa pour concrétiser cette possibilité. Mark Carney, dont le pays est engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, a été longuement applaudi par les eurodéputés. Il doit s'exprimer jeudi devant le Parlement de Strasbourg. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie européenne de rééquilibrage entre la Chine et les États-Unis, alors que les relations avec Washington demeurent tendues.
Ursula von der Leyen a également annoncé la création d'un Conseil européen de sécurité, associant l'UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni. « L'urgence est encore plus grande aujourd'hui, au vu de la nature et de l'ampleur des risques en jeu », a-t-elle justifié. Elle souhaite aussi doter l'Union d'un « protocole de sécurité d'urgence », inspiré de l'article 4 du traité de l'Otan, qui permettrait des réunions de crise entre États membres en cas de menace. Objectif : renforcer la réactivité européenne face aux crises sécuritaires.
Sur le front commercial, la cheffe de l'exécutif européen a prévenu que l'UE utiliserait « tous les outils » à sa disposition pour réduire son déficit avec la Chine. « Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux », a-t-elle lancé, rappelant que ce déficit atteint « 1 milliard d'euros par jour ». Elle a dénoncé un « choc chinois » entraînant « la désindustrialisation dans les bassins industriels de l'Europe », jugeant la situation « pas durable ». Le dialogue engagé avec Pékin doit produire « des résultats », a-t-elle insisté.
Ces annonces interviennent dans un contexte de fortes attentes autour du discours annuel de la présidente de la Commission. Elles dessinent les priorités d'une Union qui cherche à la fois à protéger ses citoyens, à affirmer sa souveraineté et à peser face aux grandes puissances. Les propositions devront désormais être discutées avec les États membres et le Parlement européen avant toute mise en œuvre.




