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Carburants : le gouvernement élargit l'aide aux grands rouleurs et prolonge les soutiens aux professionnels

Face à la flambée des prix des carburants, l'exécutif a annoncé mardi un nouveau train de mesures : aide aux grands rouleurs élargie à 5,5 millions de personnes, prêts à taux zéro pour les pêcheurs, bonus pour les infirmières libérales et relèvement du plafond de la prime carburant. Le coût global, estimé à 450 millions d'euros, est financé par les crédits non utilisés des dispositifs précédents. La TVA sur les carburants ne baissera pas.

Carburants : le gouvernement élargit l'aide aux grands rouleurs et prolonge les soutiens aux professionnels
Crise du carburant : Grands rouleurs, professionnels, TVA… Ce qu’il faut retenir des annonces du gouvernement

Le gouvernement a dévoilé mardi une nouvelle série de mesures pour amortir la flambée des prix des carburants, qui atteignent des sommets inédits en France. Présenté comme un prolongement des premières annonces du 21 mai, ce plan représente un effort global de 450 millions d'euros, financé par les crédits budgétés mais non consommés des dispositifs antérieurs. L'exécutif assume une stratégie d'« aides temporaires et ciblées », selon les mots du ministre de l'Action et des comptes publics, David Amiel, plutôt qu'une intervention généralisée sur les prix.

La mesure phare concerne l'aide aux grands rouleurs. Renouvelée pour octobre et novembre, elle voit son périmètre s'élargir considérablement : 5,5 millions de personnes seront désormais éligibles, contre trois millions jusqu'à présent. Le montant de 100 euros représente « l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant, pour deux mois en moyenne », a précisé la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, contre 20 centimes par litre auparavant. Le versement sera simplifié, a assuré David Amiel, alors que moins de la moitié des bénéficiaires potentiels avaient effectivement profité du dispositif précédent.

Les professionnels ne sont pas oubliés. Les aides destinées aux agriculteurs, au BTP et aux pêcheurs sont reconduites jusqu'au 31 décembre, a annoncé Serge Papin, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat et du pouvoir d'achat. Pour le secteur de la pêche, Catherine Chabaud, ministre déléguée à la Mer et à la pêche, a ajouté la mise en place d'un prêt à taux zéro garanti par l'État, avec un plafond fixé à 50 000 euros. Les transporteurs routiers, en revanche, ne figurent pas parmi les bénéficiaires de cette prolongation.

Le monde de la santé obtient également un geste spécifique. Les infirmières libérales pourront bénéficier d'un bonus additionnel baptisé « territoires et ruralité », d'un montant de 80 euros sur deux mois, a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Ritz. Ce coup de pouce concernera 25 000 professionnelles qui parcourent plus de 100 kilomètres par jour, une charge de déplacement particulièrement exposée à la hausse du carburant.

Les entreprises sont par ailleurs invitées à prendre leur part de solidarité. Le plafond de la prime carburant, une aide totalement défiscalisée versée aux salariés, est relevé à 1 000 euros, contre 600 euros actuellement, a souligné Serge Papin. Ce dispositif laisse aux employeurs la liberté d'accorder ou non cet avantage, l'État se contentant d'en élargir le cadre fiscal.

Le gouvernement a en revanche écarté deux pistes réclamées par l'opposition. Pas de baisse généralisée de la TVA sur les carburants, à l'inverse de ce que pratiquent certains voisins européens : les finances publiques, plombées par un déficit qualifié d'abyssal, l'interdisent selon l'exécutif, alors que le Rassemblement national défend cette option. Pas de blocage des prix à la pompe non plus, comme le demande La France insoumise. David Amiel a réfuté l'existence d'une quelconque cagnotte : « Les recettes fiscales liées au carburant diminuent. Nous avons une perte de 407 millions d'euros par rapport à l'année dernière. Il n'y a pas, il n'y a pas eu et il n'y aura pas de cagnotte. »

Cette situation budgétaire s'explique par la chute des volumes consommés, en recul de 19 % en septembre. Si les recettes de TVA progressent mécaniquement avec la hausse des prix, celles de l'accise, une taxe fixe assise sur les volumes, diminuent plus fortement. La crise actuelle trouve son origine dans la décision unilatérale des États-Unis et d'Israël d'attaquer l'Iran, dont les conséquences continuent d'ébranler les économies mondiales et de peser sur les marchés de l'énergie.

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Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.