Une enquête judiciaire a été ouverte pour des soupçons de harcèlement moral et de dysfonctionnements managériaux au sein des services du Premier ministre (SPM), a révélé France Inter, information confirmée par plusieurs médias. Cette procédure intervient après la mort de deux agents, survenue en mars 2026, et deux tentatives de suicide de salariés de ces services, recensées au cours des sept derniers mois.

Selon les éléments rapportés, l’enquête judiciaire a débuté par la saisine du procureur de la République par un représentant du personnel, en juin dernier. Une enquête interne a été ouverte dans la foulée pour faire la lumière sur ces événements et examiner les conditions de travail au sein de la structure. Une plainte a par ailleurs été déposée le 25 juin par une fonctionnaire, après une tentative de suicide intervenue fin avril.

L’avocate Christelle Mazza, qui représente une salariée ayant tenté de mettre fin à ses jours, dénonce des « comportements inacceptables » et une « perte totale de repère ». Elle décrit un « management radical » qui promouvrait « la concurrence entre les agents », dans un climat de travail jugé délétère. Ces alertes, transmises à la justice et à l’administration, constituent le cœur de l’enquête préliminaire ouverte pour harcèlement moral.

Les faits se sont produits au sein de l’une des administrations les plus prestigieuses de l’État, au moment où Matignon connaît une instabilité inédite. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, quatre Premiers ministres se sont succédé à la tête du gouvernement. Selon l’avocate, cette succession a accentué la pression ressentie par les équipes, confrontées à des changements fréquents de priorités.

Les services du Premier ministre, chargés d’assister le chef du gouvernement dans la préparation et la coordination de son action, ont ainsi connu deux suicides et deux tentatives de suicide en sept mois. Une plainte pour harcèlement moral a conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire et de plusieurs enquêtes internes, destinées à analyser les méthodes de management et l’organisation du travail.

Les investigations devront déterminer si les conditions de travail ont joué un rôle dans la survenue de ces drames. Elles devront également vérifier la réalité des signalements effectués par le représentant du personnel, qui dénonce des dysfonctionnements. Les enquêtes interne et judiciaire sont toujours en cours.

Ce dossier relance plus largement la question de l’encadrement et de la prévention dans les services de l’État, au moment où la justice et l’administration mènent des investigations parallèles. Les conclusions de ces procédures sont attendues pour faire la lumière sur une série d’événements qui a marqué l’institution.