Société 4 min de lecture Par Noémie Weber
Budget 2027 : Lecornu annonce 1,5 milliard d'euros contre les violences sexistes et sexuelles
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les enveloppes budgétaires allouées à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à la protection de l'enfance, à la veille de l'examen de la « loi intégrale » au Parlement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi les moyens financiers que le gouvernement entend consacrer à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ainsi qu'à la protection de l'enfance. Selon les chiffres dévoilés, environ 1,5 milliard d'euros seront alloués au combat contre les violences faites aux femmes, tandis que 2,6 milliards d'euros seront destinés à la protection de l'enfance. Cette annonce intervient alors que la « loi intégrale » sur les violences sexistes et sexuelles doit être discutée au Parlement à l'automne 2026.
Dans une tribune publiée dans le quotidien « Le Monde », le chef du gouvernement a donné pour la première fois une ambition financière à ce texte, qui sera examiné début octobre à l'Assemblée nationale. Cette prise de position marque une étape importante dans la préparation du budget 2027, dont les grandes lignes commencent à se dessiner. Le Premier ministre a également adressé un courrier à ses ministres pour encadrer les dépenses de l'État, demandant qu'elles restent « au même niveau » que l'année écoulée, à l'exception du budget de la défense, seul secteur autorisé à être revu à la hausse.
L'enveloppe de 1,5 milliard d'euros pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles constitue une réponse attendue à plusieurs affaires récentes qui ont marqué l'opinion publique. La presse régionale a notamment établi un lien entre cette annonce et l'affaire Lyhanna, un drame qui a relancé le débat sur l'efficacité des dispositifs de protection des victimes. Le gouvernement entend ainsi doter les services concernés de moyens supplémentaires pour renforcer la prévention, l'accompagnement des victimes et la poursuite des auteurs.
Le volet consacré à la protection de l'enfance, doté de 2,6 milliards d'euros, témoigne d'une volonté d'agir en amont sur les situations de vulnérabilité. Ce montant doit permettre de financer les structures d'accueil, le suivi des enfants placés et les dispositifs d'alerte destinés à détecter plus tôt les cas de maltraitance. Les associations et les professionnels du secteur attendaient depuis plusieurs mois des engagements chiffrés de la part de l'exécutif.
La « loi intégrale » doit être présentée au Parlement à l'automne 2026, avec un examen prévu début octobre à l'Assemblée nationale. Ce texte vise à apporter une réponse globale aux violences sexistes et sexuelles, en couvrant à la fois la prévention, la protection des victimes et la sanction des auteurs. L'annonce des montants alloués constitue une étape préalable à la discussion parlementaire, qui s'annonce dense compte tenu des attentes suscitées par le sujet.
Le cadrage budgétaire général pour 2027 reste toutefois contraint. En demandant à ses ministres de maintenir les dépenses de l'État au même niveau que l'année précédente, Sébastien Lecornu fixe une ligne de rigueur qui limite les marges de manœuvre. Seul le budget de la défense échappe à cette règle et pourra être augmenté, ce qui signifie que les enveloppes annoncées pour les violences sexistes et sexuelles et pour l'enfance devront être financées sans augmentation globale des crédits de l'État.
Cette annonce intervient dans un contexte où les questions de sécurité, de justice sociale et de protection des plus vulnérables occupent une place centrale dans le débat public. Les associations féministes et de défense des droits des enfants suivront de près la traduction concrète de ces engagements dans le projet de loi de finances. La discussion parlementaire de l'automne permettra de mesurer si les montants annoncés correspondent aux besoins identifiés sur le terrain.




