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Culture 4 min de lecture Par

Catherine Ringer, voix des Rita Mitsouko, est morte à 68 ans

La chanteuse Catherine Ringer, figure de la scène française et moitié des Rita Mitsouko, est décédée dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 68 ans des suites d'un cancer foudroyant. Retour sur une carrière marquée par des tubes comme « Marcia Baïla » et des collaborations marquantes.

Catherine Ringer, voix des Rita Mitsouko, est morte à 68 ans
Catherine Ringer, c’était « Marcia Baïla » mais aussi « Doux Daddy » et « Leur amour »

Catherine Ringer, chanteuse et icône de la scène musicale française, est morte dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 68 ans. Ses proches ont annoncé qu'elle a succombé à un « cancer foudroyant ». Sa disparition intervient dix-neuf ans après celle de Fred Chichin, guitariste et compagnon de scène avec qui elle formait le duo Les Rita Mitsouko.

Née en 1957, Catherine Ringer a marqué plusieurs générations par sa voix singulière et son énergie scénique. Avec Fred Chichin, elle a formé Les Rita Mitsouko, un groupe qui a bousculé les codes de la chanson française à partir des années 1980. Leur premier album éponyme, sorti en 1984, contient le titre « Marcia Baïla », d'abord édité en face B par une maison de disques sceptique. La chanson devient pourtant l'un des tubes de l'année 1985, portée par une mélodie dégingandée et une voix déjantée. Derrière son apparente légèreté, « Marcia Baïla » est un hommage à Marcia Moretto, danseuse argentine et amie du couple, morte prématurément à 36 ans. Le clip, dont les tenues ont été signées Thierry Mugler et Jean Paul Gaultier, est aujourd'hui conservé dans les collections du MoMa de New York.

La carrière de Catherine Ringer ne se limite pas à ce tube. En 1988, Les Rita Mitsouko sortent « Le Petit train », relecture du titre chanté par André Claveau en 1952. Sous un air enjoué, la chanson évoque la déportation. Catherine Ringer y fait écho à l'histoire de son père, Samuel Ringer, peintre juif ashkénaze né en Pologne et survivant de la Shoah. Elle lui consacre plus explicitement « C'était un homme », sorti en 2000, où elle évoque les neuf camps traversés par son père pendant la guerre.

L'artiste a également collaboré avec d'autres figures de la chanson. En 1990, elle interprète « Qu'est-ce que t'es belle » en duo avec Marc Lavoine. Le chanteur, séduit par son côté rock, lui propose de chanter avec lui pour contraster avec son image de bellâtre de variétés. Catherine Ringer croit d'abord à une plaisanterie, puis accepte après avoir écouté la maquette. Le morceau, qui n'avait pas rencontré un franc succès à sa sortie — une 31e place au Top 50 —, est resté dans les mémoires.

Catherine Ringer s'est aussi illustrée dans les bandes originales de films cultes. Elle prête sa voix à « Tatie Danielle » d'Étienne Chatiliez en 1990 et à « Un grand cri d'amour » de Josiane Balasko en 1998. En 1995, elle chante « Doux Daddy », générique de fin des « Trois frères », premier long métrage de Bernard Campan et Didier Bourdon, qui attire près de 7 millions de spectateurs. La chanson est directement liée au scénario : c'est grâce à ce disque que les personnages héritent des « cent patates ». En 2017, Médine et 20syl sampleront ce titre dans « Papamobile ».

Après la mort de Fred Chichin en 2007, Catherine Ringer poursuit sa carrière en solo. Son premier album, « Ring n' Roll », lui vaut le trophée de l'interprète féminine de l'année aux Victoires de la musique 2012. Ces dernières années, elle déclame sur scène des poèmes d'Alice Mendelson, rencontrée en 1995. Leur amitié a parfois influencé sa création : c'est en demandant un thème à Alice Mendelson — « un homme qui attend une femme » — qu'elle écrit « Leur amour », sur l'album « Chroniques et fantaisies » sorti en 2017.

Les réactions à l'annonce de sa mort témoignent de sa place dans le paysage culturel français. De nombreux artistes et personnalités ont salué « une chanteuse exceptionnelle », « un amour de la liberté » ou « une reine ». Catherine Ringer laisse derrière elle une œuvre qui a traversé les décennies, des dancefloors aux scènes de théâtre, et une empreinte durable sur la chanson française.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.