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PISA 2025 place la France à son plus bas niveau en lecture et en maths

Les scores français en lecture et en mathématiques tombent à leur plus bas niveau depuis 2000, relançant le débat sur le collège, le climat de classe et l’accompagnement des élèves.

PISA 2025 place la France à son plus bas niveau en lecture et en maths
Princepersan / Wikimedia Commons

La France vient de recevoir un avertissement difficile à minimiser. Dans PISA 2025, l’évaluation internationale de l’OCDE publiée le 8 septembre, les élèves français de 15 ans obtiennent 458 points en mathématiques et 456 en compréhension de l’écrit. Ce sont les résultats les plus faibles enregistrés par le pays dans ces deux domaines depuis le lancement de l’enquête en 2000. En sciences, le score atteint 483 points et reste plus proche du niveau observé en 2022.

Le recul ne se résume pas à une mauvaise place dans un classement. PISA mesure la capacité d’adolescents à mobiliser leurs connaissances face à des problèmes et des textes qui ressemblent davantage à des situations de la vie réelle qu’à un contrôle scolaire classique. Pour la France, 6 501 élèves de 289 établissements ont participé à l’édition 2025, un échantillon représentatif d’environ 768 200 jeunes de 15 ans.

Les chiffres décrivent aussi la profondeur de la difficulté. Seuls 64 % des élèves français atteignent au moins le niveau 2 en mathématiques, considéré par l’OCDE comme le seuil à partir duquel un élève peut mobiliser des connaissances de base dans des situations simples. En lecture, la proportion est de 67 %. À l’autre extrémité, les très bons élèves ne représentent que 5 % en mathématiques et 5 % en lecture.

La France n’est pas seule à reculer. Plus de 760 000 adolescents de 91 pays et économies ont participé à PISA 2025, la plus vaste édition jamais organisée. Les moyennes de l’OCDE ont atteint des niveaux historiquement bas dans les trois grands domaines évalués. Environ un élève sur cinq dans les pays de l’OCDE est désormais en difficulté à la fois en sciences, en mathématiques et en lecture. Cela place le problème français dans une crise plus large, sans pour autant en atténuer la gravité.

Le rapport français attire l’attention sur ce qui se passe autour de l’apprentissage. Les élèves déclarent davantage de bruit et de désordre en cours de sciences que la moyenne de l’OCDE. Près de la moitié disent en rencontrer dans la plupart ou dans tous leurs cours de sciences. Le suivi familial s’est également érodé par rapport à 2022 : la part des élèves disant que leurs parents leur demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils ont fait à l’école est passée de 74 % à 63 %.

Ces données n’établissent pas qu’un facteur unique explique la baisse. Elles montrent plutôt que le niveau scolaire, la capacité à se concentrer, l’environnement de classe et l’accompagnement hors de l’école évoluent ensemble. C’est précisément ce qui rend la réponse publique plus complexe qu’un simple changement de programme.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié les résultats de préoccupants et a reconnu que le fonctionnement du collège aurait dû être interrogé plus tôt. Le ministère présente désormais la remontée du niveau comme une stratégie de long terme, avec des mesures sur les apprentissages fondamentaux, les supports pédagogiques et l’organisation scolaire.

Le test politique sera de savoir si cette stratégie parvient à toucher le cœur du problème : les quatre années du collège, où les écarts se creusent et où les adolescents doivent passer d’apprentissages guidés à davantage d’autonomie. PISA ne dicte pas la réforme à mener. Il fixe toutefois une ligne de départ désormais très basse, au moment où le gouvernement affirme vouloir faire remonter durablement le niveau des nouvelles générations.

Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.