Société 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Tour Eiffel : une visite d’un groupe hindou provoque l’éviction du personnel féminin et une grève
La tour Eiffel est restée fermée lundi 7 septembre après une grève du personnel protestant contre l’éviction des employées samedi, lors d’une visite privée d’une délégation d’un groupe religieux hindou conservateur. La direction a accepté la demande du groupe, suscitant l’indignation des syndicats et du président de la Société d’exploitation.
La tour Eiffel est restée fermée au public lundi 7 septembre 2026. Le personnel du monument parisien le plus visité de France a enclenché un mouvement de grève pour protester contre l’éviction des employées survenue samedi, le temps d’une visite privée d’une délégation d’un groupe religieux hindou conservateur et nationaliste. Cette mise à l’écard des femmes a suscité de vives réactions parmi les salariés, les représentations syndicales et la classe politique.
Selon les informations recueillies, les femmes employées du monument ont dû quitter temporairement leur poste samedi 5 septembre afin de ne pas être visibles lors du passage de la délégation. Seuls les hommes ont été autorisés à accompagner le groupe dans sa visite. Le mouvement religieux hindou aurait demandé que le personnel féminin soit écarté pendant son déplacement, une requête que la direction de la Société d’exploitation de la tour Eiffel (Sete) a acceptée.
Cette décision a immédiatement déclenché la colère des syndicats, qui ont appelé à la grève lundi. Le monument, l’un des plus emblématiques de la capitale, est donc resté fermé aux visiteurs toute la journée. Les touristes présents sur place ont exprimé leur incompréhension, certains présentant leurs excuses face à une situation jugée « choquante » et « inacceptable ».
Le président de la Sete, Ariel Weil, a publiquement condamné cette éviction. Il a qualifié la décision d’« événement totalement choquant et inacceptable » et a assuré que les résultats de l’enquête interne ouverte à ce sujet seraient connus « dans les prochains jours ». Il a également rappelé que la tour Eiffel est un symbole universel d’ouverture et d’égalité, et que de tels agissements ne correspondent pas aux valeurs du monument ni à celles de la République.
La polémique dépasse désormais le cadre de l’entreprise. Plusieurs représentants politiques ont réagi, dénonçant une atteinte aux droits des femmes et un précédent dangereux. Certains ont demandé des explications détaillées sur les circonstances exactes de cette visite privée et sur les conditions dans lesquelles la direction a cédé aux exigences du groupe religieux. D’autres ont appelé à ce que des garanties soient prises pour qu’une telle situation ne se reproduise plus.
Cette affaire intervient dans un contexte où les questions de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes occupent une place centrale dans le débat public français. La gestion de cet événement par la direction de la tour Eiffel est désormais au cœur des critiques, les syndicats réclamant des sanctions et une révision des protocoles encadrant les visites privées. L’enquête interne en cours devra déterminer les responsabilités de chacun et proposer des mesures correctives.
En attendant, le mouvement de grève a montré la détermination du personnel à défendre ses droits et ses principes. La réouverture du monument est intervenue après la levée du préavis, mais la controverse est loin d’être éteinte. Les salariés attendent désormais des réponses claires de la direction, tandis que les visiteurs, eux, espèrent que ce genre d’incident ne viendra plus ternir l’image de ce symbole parisien.




