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jeudi 3 septembre 2026 · Paris

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Syndrome du canal carpien : la majorité des malades l’imputent au travail, mais très peu le déclarent

Santé publique France déplore que la majorité des Français atteints du syndrome du canal carpien attribuent leur affection au travail sans pour autant la déclarer comme maladie professionnelle.

Syndrome du canal carpien : la majorité des malades l’imputent au travail, mais très peu le déclarent
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Une majorité de Français souffrant du syndrome du canal carpien estiment que leur affection est liée à leur activité professionnelle, mais très peu d’entre eux effectuent les démarches pour la faire reconnaître comme maladie professionnelle. C’est le constat dressé par Santé publique France, qui s’inquiète d’un phénomène largement sous-déclaré alors que cette pathologie figure parmi les troubles musculo-squelettiques les plus courants dans le pays.

Le syndrome du canal carpien se manifeste par des douleurs, des troubles de la sensibilité et une diminution de la motricité touchant plusieurs doigts de la main. Il résulte de la compression du nerf médian au niveau du poignet, une zone anatomique particulièrement sollicitée dans de nombreux métiers manuels, industriels ou tertiaires. Les gestes répétitifs, l’utilisation prolongée d’outils vibrants ou encore les positions maintenues du poignet figurent parmi les facteurs de risque les plus fréquemment identifiés en milieu professionnel.

L’agence sanitaire souligne un paradoxe : alors que la reconnaissance en maladie professionnelle ouvre droit à une prise en charge financière des soins et, le cas échéant, à une indemnisation, la grande majorité des personnes concernées n’engage aucune procédure. Plusieurs explications sont avancées pour comprendre ce renoncement, parmi lesquelles la méconnaissance des droits, la complexité administrative des dossiers ou encore la crainte de répercussions sur la relation avec l’employeur.

Cette sous-déclaration a des conséquences directes sur la qualité de vie des travailleurs concernés. Faute de reconnaissance, certains retardent la consultation d’un médecin ou l’arrêt des activités à risque, ce qui peut aggraver l’atteinte nerveuse et conduire à des séquelles durables. Dans les formes les plus sévères, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire pour libérer le nerf comprimé et restaurer la fonction de la main.

Santé publique France appelle à une meilleure information des salariés et des médecins du travail sur les signes d’alerte et les démarches à suivre. L’agence insiste également sur l’importance de la prévention en entreprise, notamment par l’aménagement des postes de travail, la rotation des tâches et la mise en place de pauses régulières pour limiter les sollicitations répétitives du poignet.

Le syndrome du canal carpien représente une part significative des maladies professionnelles reconnues en France, mais les chiffres officiels ne reflètent probablement qu’une fraction de la réalité. Les données épidémiologiques disponibles suggèrent que des milliers de cas supplémentaires pourraient être pris en charge si les salariés étaient mieux accompagnés dans leurs démarches. Cette situation interroge également les pratiques de prévention dans les secteurs les plus exposés, où la pénibilité physique reste encore trop souvent considérée comme une contrainte inévitable du métier.

Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.