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Trois policiers jugés pour avoir menti sur l'agression de Michel Zecler

Six ans après les faits, trois policiers parisiens comparaissent devant la cour criminelle de Paris pour violences et faux en écriture publique, après que les images de vidéosurveillance ont contredit leurs procès-verbaux.

Trois policiers jugés pour avoir menti sur l'agression de Michel Zecler
© 20minutes.fr

Six ans après les faits, trois policiers parisiens comparaissent devant la cour criminelle de Paris pour avoir frappé le producteur Michel Zecler et rédigé un procès-verbal jugé mensonger. Le procès, qui doit durer six jours, porte sur des violences commises avec une arme par une personne dépositaire de l'autorité publique ainsi que sur un faux en écriture publique.

Les faits remontent à novembre 2020. Michel Zecler était dans le couloir de son studio d'enregistrement, dans le 17e arrondissement de Paris, lorsqu'il a été roué de coups par trois policiers. Il n'portait pas de masque. Les policiers ont affirmé qu'ils s'apprêtaient à le contrôler, et ont déposé plainte contre lui pour rébellion et violences à l'encontre des forces de l'ordre. Ces plaintes ont conduit à des poursuites à son encontre.

Le dossier a basculé lorsque le parquet a examiné les images de la caméra de surveillance du studio. Ces vidéos contredisaient frontalement les récits écrits par les policiers. Confrontés aux enregistrements par les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale, l'IGPN, les agents ont reconnu avoir livré une version biaisée des faits. Le parquet a retenu l'existence de mensonges délibérés dans le procès-verbal, et il a abandonné les poursuites contre Michel Zecler.

Le producteur a, de son côté, été reconnu en incapacité totale de travail pendant 45 jours. Les trois policiers sont poursuivis pour faux en écriture publique et pour violences volontaires commises avec arme par une personne dépositaire de l'autorité publique. Ces infractions les exposent à une peine pouvant aller jusqu'à quinze ans d'emprisonnement et à une amende de 250 000 euros.

Au-delà de ce dossier, la question des procès-verbaux mensongers revient régulièrement dans le débat public. Pour la journaliste Nadia Sweeny, les faux rapports de police et les contre-plaintes visant les personnes interpellées constituent un schéma récurrent, particulièrement lorsqu'aucune vidéo ne permet de vérifier la version des faits. Le journaliste Valentin Gendrot a décrit en 2019 un cas comparable, sans enregistrement, dans lequel un procès-verbal aurait été falsifié.

L'affaire fait écho à d'autres signalements plus récents. Le 31 octobre dernier, lors d'une manifestation, deux manifestants affirment avoir subi des violences policières, dont une agression sexuelle. Ils ont eux-mêmes été poursuivis pour violences à l'encontre de policiers, des accusations qu'ils contestent. Le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu aux questions posées sur ces sujets.

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Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.