Dimanche soir, l'Argentine affronte l'Espagne en finale de la Coupe du monde de football 2026, un match qui dépasse largement le cadre sportif. En Israël et dans les territoires palestiniens, le choix du favori est souvent dicté par des considérations politiques, comme le montre un reportage de France Info. « Même un match de football, c'est de la politique », résume un habitant de Jérusalem-Est, illustrant comment le ballon rond devient un vecteur d'identité et de revendication.
Du côté israélien, de nombreux supporters penchent pour l'Espagne, perçue comme un allié diplomatique et culturel. Les liens étroits entre Madrid et Tel-Aviv, renforcés par des accords bilatéraux et une coopération économique, expliquent en partie cette préférence. « L'Espagne, c'est un pays ami, et leur équipe joue un football magnifique », confie un fan israélien rencontré à Tel-Aviv. À l'inverse, l'Argentine suscite une certaine méfiance en raison des positions historiquement plus critiques de Buenos Aires envers la politique israélienne.
Dans les territoires palestiniens, le soutien est massivement acquis à l'Argentine. Lionel Messi, icône mondiale, est particulièrement populaire, mais c'est surtout le rejet de l'Espagne qui motive les choix. « L'Espagne soutient Israël, donc nous soutenons l'Argentine », explique un jeune Palestinien de Ramallah. La finale est ainsi vécue comme un affrontement symbolique entre deux camps, où chaque but argentin est célébré comme une petite victoire politique.
Cette politisation du sport n'est pas nouvelle au Proche-Orient. Lors des précédentes Coupes du monde, les matchs opposant des équipes perçues comme proches de l'un ou l'autre camp ont souvent donné lieu à des débats passionnés. En 2018, la rencontre entre l'Iran et le Portugal avait déjà suscité des réactions similaires. Le football, en tant que phénomène de masse, offre une tribune pour exprimer des opinions qui dépassent le cadre sportif.
La finale de dimanche revêt une dimension particulière en raison du contexte géopolitique actuel. Les tensions entre Israël et les Palestiniens restent vives, et le sport devient un exutoire. « On ne peut pas séparer le football de la réalité politique, c'est impossible », déclare un sociologue israélien cité dans le reportage. Cette affirmation est partagée par de nombreux observateurs, qui notent que les stades sont devenus des lieux d'expression identitaire.
Au-delà des clivages, certains supporters tentent de préserver l'esprit sportif. « Je veux juste voir un beau match, sans politique », soupire un habitant de Jaffa, ville mixte israélo-palestinienne. Mais l'enthousiasme pour la finale est tempéré par la conscience que le football, comme le reste de la société, est traversé par les fractures du conflit.
La finale Argentine-Espagne s'annonce donc comme un événement sportif de haut niveau, mais aussi comme un révélateur des tensions qui traversent le Proche-Orient. Pour les Israéliens et les Palestiniens, le choix du vainqueur dépasse le simple plaisir du jeu: il est un miroir de leurs espoirs, de leurs rancœurs et de leurs identités respectives.


