Au lendemain de la défaite de l'Argentine en finale de la Coupe du monde 2026 face à l'Espagne (1-0), la lecture de la presse argentine suscite l'étonnement. Alors que les images des incidents survenus après le coup de sifflet final ont fait le tour du monde, certains médias de Buenos Aires semblent adopter un regard bienveillant sur le comportement de la sélection albiceleste, allant jusqu'à la décrire comme « polie et respectueuse ».
Le quotidien argentin Clarin a publié un article au ton surprenant, affirmant que l'équipe dirigée par Lionel Scaloni « a affiché, sur le terrain comme en dehors, un éventail de valeurs qui sont rares de nos jours ». Le journaliste va jusqu'à écrire que les joueurs « ont montré le visage d'un pays que nous aimerions voir loin du terrain de football ». Une déclaration qui contraste fortement avec les faits rapportés par les médias internationaux et les images diffusées en direct.
Pourtant, la réalité est bien différente. Selon plusieurs sources, dont la chaîne Sky Sports News, la Fédération internationale de football (FIFA) a ouvert une enquête disciplinaire contre l'Argentine après les incidents survenus durant l'après-match. Des bagarres auraient été déclenchées par plusieurs joueurs argentins, notamment Leandro Paredes, Nahuel Molina et Roberto Ayala. Ces comportements antisportifs ont terni la finale et relancé le débat sur l'attitude de l'Albiceleste, déjà critiquée lors de son sacre au Qatar en 2022.
Le quotidien La Nacion, autre grand journal de référence en Argentine, offre un regard légèrement plus nuancé. Son journaliste Juan Manuel Trenado reconnaît que la sélection championne du monde au Qatar « a aussi fait naître une haine parfois irrationnelle » à l'étranger. Il évoque des « campagnes médiatiques » qui auraient installé l'idée d'une équipe favorisée par la FIFA en 2022. Mais il admet également que l'Argentine a disputé « des matchs assez pauvres » durant ce Mondial, « sans fonds de jeu, sans solutions, souvent dominée par l'adversaire ». Il souligne néanmoins le mérite d'être allée « jusqu'aux dernières minutes de la finale avec la possibilité de revenir », grâce à un tir de Simeone qui aurait pu amener une séance de tirs au but.
La question qui se pose est de savoir si cette lecture bienveillante de la presse argentine est partagée par le public. Le retour de l'équipe à Buenos Aires s'annonce discret. Selon les informations de la presse locale, aucune célébration officielle n'est prévue et Lionel Messi lui-même ne devrait pas faire partie du voyage de retour avec le reste de l'équipe. Un signe qui en dit long sur l'ambiance au sein du groupe après cette défaite amère.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Lionel Messi a brisé le silence, déclarant que « la douleur est immense ». Une réaction sobre qui contraste avec l'enthousiasme affiché par certains médias argentins. Le joueur, qui a tout donné sur le terrain, semble mesurer l'ampleur de la déception, tant pour lui-même que pour tout un pays.
L'enquête de la FIFA pourrait avoir des conséquences disciplinaires pour plusieurs joueurs argentins. Les incidents de la finale, couplés à la lecture décalée de la presse locale, risquent d'alimenter encore davantage les critiques à l'encontre d'une équipe qui, malgré ses qualités footballistiques, peine à convaincre sur le plan de l'éthique sportive. Le football argentin, riche d'une histoire glorieuse, devra sans doute tirer les leçons de cette défaite et des comportements qui l'ont accompagnée.


