L’Espagne a infligé une défaite cinglante à l’équipe de France, mardi à Dallas, en demi-finale de la Coupe du monde 2026 (2-0). Les Bleus, pourtant portés par un quatuor offensif de gala depuis le début du tournoi, sont tombés face à une Roja supérieure collectivement et tactiquement. Cette défaite met fin à une série de onze matchs sans revers en phase à élimination directe de Coupe du monde pour les Français, une première depuis 2014.
Didier Deschamps, qui quittera son poste après quatorze ans à la tête des Bleus, a vu ses choix de composition d’équipe et de gestion du match être largement critiqués. Le sélectionneur a notamment titularisé Aurélien Tchouaméni, pourtant blessé depuis plusieurs jours et absent des deux derniers matchs. Le vice-capitaine n’a jamais semblé dans le rythme, se montrant hésitant dans son placement défensif et neutre offensivement, tandis que Manu Koné, auteur d’un énorme match contre le Maroc, a débuté sur le banc.
Le milieu de terrain français, désorganisé, a souffert face au trio Rodri-Ruiz-Olmo, qui a dicté le tempo de la rencontre. Kylian Mbappé, capitaine des Bleus, a reconnu après le match que l’Espagne avait été « supérieure techniquement, tactiquement et dans les duels ». Il a ajouté: « Dès le départ, on s’est retrouvé à 2 contre 3 au milieu, et contre l’Espagne, c’est compliqué. »
Les choix de Deschamps en cours de match ont également été questionnés. Le sélectionneur a replacé Michael Olise sur le côté après un début de match catastrophique, puis a fait glisser Ousmane Dembélé dans l’axe, une formule qui avait déjà montré ses limites face au Sénégal en début de tournoi. Olise, qui a flirté avec le ridicule, est resté sur la pelouse jusqu’à la 72e minute, tandis que Dembélé a joué l’intégralité de la rencontre sans parvenir à inverser le cours du jeu.
L’absence de Désiré Doué dans le onze de départ a aussi été soulignée. L’ancien Rennais, qui avait brillé face au Maroc en glissant en troisième milieu pour aider le double pivot, aurait pu contrer l’abattage du milieu espagnol. Il n’est entré qu’à la 59e minute, remplaçant Bradley Barcola, pourtant l’offensif français le plus en vue.
Cette défaite prolonge la malédiction des Bleus face à l’Espagne en demi-finale. La Roja a désormais remporté trois demi-finales consécutives contre la France (Euro 2024, Ligue des nations 2025 et Coupe du monde 2026). Luis De La Fuente, sélectionneur espagnol, a estimé que son équipe était « la meilleure du monde », tandis que les Français, confiants avant le match, sont tombés de haut.
Rayan Cherki a résumé la déception: « La seule équipe capable de nous éliminer, c’était nous-mêmes. Et c’est ce qui est arrivé. On a été battus techniquement, tactiquement, dans les duels. » Les Bleus quittent donc le Mondial sur une note amère, laissant planer des interrogations sur la fin de l’ère Deschamps.


