La sélection italienne de football se retrouve une nouvelle fois sans pilote. Alors que la Fédération italienne (FIGC) espérait tourner la page après l'ère Roberto Mancini et l'épisode Luciano Spalletti, c'est un nouvel imbroglio qui secoue le football transalpin. Andrea Pirlo, un temps pressenti pour devenir le prochain sélectionneur, a annoncé ce lundi qu'il retirait sa candidature, pris dans la tourmente du « Fonbet-gate », un scandale lié à des paris sportifs et à des sponsoring de la plateforme Fonbet. Dans la foulée, Paolo Maldini, directeur technique de la Fédération, aurait signifié à ses dirigeants qu'il était prêt à quitter son poste si la situation ne se débloquait pas rapidement.

Le nom d'Andrea Pirlo avait émergé ces dernières semaines comme l'une des solutions privilégiées pour succéder à Luciano Spalletti, démis de ses fonctions après des résultats décevants. Mais la polémique autour de ses liens présumés avec Fonbet, une société de paris en ligne, a changé la donne. « Depuis hier, je ne suis plus candidat au poste de sélectionneur de la Nazionale », a écrit Pirlo dans un message cinglant, relayé par la presse italienne. La FIGC aurait pris connaissance d'éléments compromettants et aurait préféré écarter l'ancien maître à jouer de la Juventus et de l'AC Milan pour éviter un scandale médiatique.

Cette décision a provoqué la colère de Paolo Maldini. L'icône du football italien, champion du monde 2006, qui occupe le poste de directeur technique et avait été l'un des artisans de la candidature de Pirlo, aurait menacé de démissionner. Selon les informations du quotidien Il Messaggero et reprises par L'Équipe et Eurosport, Maldini aurait estimé que le traitement réservé à Pirlo était injuste et que sa propre crédibilité était en jeu. La Fédération se retrouve ainsi dans une situation inextricable: non seulement elle n'a toujours pas de sélectionneur, mais elle risque de perdre également son principal cadre technique.

Plusieurs noms sont déjà avancés pour prendre la relève. Le plus sérieux serait celui de Roberto Mancini, lui-même ancien sélectionneur de l'Italie vainqueur de l'Euro 2021, qui pourrait faire un retour surprise. D'autres pistes mènent à Raffaele Palladino, actuel entraîneur de la Fiorentina, ou à Antonio Conte, libre depuis son départ de Tottenham, mais qui serait moins enclin à accepter un poste en pleine saison internationale. Enfin, une suggestion inattendue émerge: celle de Giorgio Chiellini, ancien capitaine de la Nazionale et ami proche de Maldini, qui pourrait être appelé en cas de départ de ce dernier. Chiellini n'a aucune expérience d'entraîneur, mais sa légitimité et son leadership pourraient séduire dans l'urgence.

Le feuilleton autour du banc de la Nazionale plonge le football italien dans une nouvelle période de turbulences. Après l'échec de la qualification pour la Coupe du monde 2022 et les performances en dents de scie sous Spalletti, l'Italie espérait trouver une stabilité avec un technicien reconnu. La FIGC doit désormais agir vite: les prochains matchs de la Ligue des nations approchent, et le temps presse. Ce nouvel épisode, qui mêle paris, pouvoirs et ego, illustre les difficultés récurrentes de la Fédération à gérer la succession des grands noms. Les supporters italiens, eux, attendent un signe fort pour redonner espoir à une Nazionale en plein doute.