Didier Deschamps a suscité une vive polémique mardi soir en critiquant ouvertement l'arbitrage après la défaite de l'équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde face à l'Espagne (3-0). Le sélectionneur tricolore, visiblement marqué par l'élimination, a remis en cause le niveau de l'arbitre salvadorien Ivan Barton, estimant qu'il n'avait pas le niveau requis pour officier lors d'une demi-finale de Coupe du monde. Une sortie qui a été jugée déplacée par de nombreux observateurs, d'autant que la prestation des Bleus a été qualifiée de « naufrage » par la presse.
Interrogé à chaud au micro de M6 juste après le coup de sifflet final, Deschamps avait déjà laissé entendre son mécontentement. Mais c'est en conférence de presse, une vingtaine de minutes plus tard, qu'il a réitéré ses attaques avec plus de véhémence. « Je ne veux pas passer pour une pleureuse parce qu'on a perdu, mais est-ce que l'arbitre de ce soir avait le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde? », a-t-il lancé aux journalistes présents. Il a toutefois reconnu que la défaite était « d'abord de notre faute » et que son équipe avait été « un ton en dessous sur le plan technique ».
Les critiques de Deschamps portent principalement sur le penalty sifflé pour une faute de Lucas Digne sur Lamine Yamal, ainsi que sur un coup franc accordé à la France juste avant la pause, puis annulé après consultation de l'arbitre assistant. Le sélectionneur a également évoqué, sans les détailler, d'autres décisions litigieuses. Pourtant, les images montrent que les Espagnols auraient pu légitimement réclamer un carton jaune pour Michael Olise, coupable d'un tacle dangereux sur Rodri en première période, ou encore une faute non sifflée de Kylian Mbappé sur le gardien espagnol Unai Simon.
Les joueurs français, de leur côté, ont adopté une tout autre posture. Kylian Mbappé, interrogé par M6, a préféré pointer les lacunes de son équipe sans évoquer l'arbitrage. Rayan Cherki, milieu offensif des Bleus, a été encore plus clair: « C'est une déception immense car on n'a pas perdu contre l'arbitre, on n'a pas perdu contre l'Espagne, on a perdu contre nous-mêmes. La seule équipe capable de nous éliminer, c'était nous-mêmes. » Une analyse lucide qui contraste avec celle de son sélectionneur.
Cette sortie de Deschamps intervient dans un contexte où l'équipe de France a livré une performance jugée indigne de son rang. Les Bleus ont été dominés techniquement, tactiquement et dans les duels par une Roja qui a mérité sa qualification. Pour de nombreux commentateurs, remettre en cause l'arbitrage après une telle prestation relève de la mauvaise foi et ne rend pas honneur au palmarès du sélectionneur, double champion du monde (comme joueur et comme entraîneur).
La Fédération française de football n'a pas encore réagi officiellement aux déclarations de Deschamps. Mais cette polémique risque de ternir l'image du sélectionneur, qui avait jusqu'ici su garder son sang-froid dans les moments difficiles. Les Bleus disputeront le match pour la troisième place contre le perdant de l'autre demi-finale, une rencontre qui s'annonce comme un test pour le moral du groupe.


