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Erwan Le Roux et Thomas Ruyant renoncent à la Route du Rhum faute de sponsors

Faute de financements, Erwan Le Roux et Thomas Ruyant ne prendront pas le départ de la Route du Rhum 2026, tandis que Maxime Sorel a dû lancer une cagnotte pour boucler son budget.

Erwan Le Roux et Thomas Ruyant renoncent à la Route du Rhum faute de sponsors
© 20minutes.fr

Pendant que 115 skippeurs s’élanceront dimanche depuis Saint-Malo pour la 13e édition de la Route du Rhum, Erwan Le Roux, vainqueur sortant de la catégorie Ocean Fifty, restera à quai. Faute d’avoir trouvé le financement nécessaire, le Morbihannais, qui rêvait de rejoindre la Guadeloupe, se consacre désormais à la recherche de partenaires pour son projet du Vendée Globe 2028.

Le Roux explique avoir vécu à crédit toute la saison, dans l’espoir de dénicher un partenaire complémentaire. Il lui manquait environ 30 % du budget annuel, fixé à 1,2 million d’euros, soit près de 400 000 euros. Une saison difficile, après un chavirage survenu il y a un an, qu’il attribue à un contexte économique tendu : « Entre la présidentielle, la macro et la microéconomie ou les guerres, les entreprises ont peur de l’avenir. Les investissements dédiés à la communication et au sponsoring sont un peu gelés. »

Il n’est pas le seul à renoncer. Thomas Ruyant, tenant du titre dans la catégorie Imoca, a lui aussi décidé de jeter l’éponge à un peu plus d’un mois du départ, faute de sponsor majeur. Selon nos informations, son budget dépasse nettement 2 millions d’euros. Le Nordiste, qui a mis à l’eau un nouveau foiler cet été, explique avoir tenté de vendre un projet limité à cette seule course, proposé sans doute trop tard. « Les entreprises ne peuvent pas se permettre de s’engager sur une durée longue, parce qu’il y a de l’incertitude », affirme-t-il.

Maxime Sorel, skippeur de Vaincre la mucoviscidose, prendra bien le départ. Il a toutefois dû batailler jusqu’au bout pour boucler son budget de 800 000 euros, et a ouvert une cagnotte en ligne pour tenter de réunir 100 000 euros, après une mise à l’eau de son bateau très tardive. Son équipe, qui comptait douze salariés, a dû être réduite : il a perdu la moitié de ses effectifs. Il n’a disputé aucune course cette année, uniquement pour maintenir son équipe à flot.

Joseph Bizard, directeur général d’OC Sport, organisateur de la Route du Rhum, nuance ce constat. Il met en avant un record de participation dans la classe Ultim, huit bateaux, et dix engagés dans la classe Ocean Fifty, soit trois de plus qu’en 2022. Il estime que la course au large se porte plutôt bien, avec environ 500 marques engagées autour des 115 projets, tout en reconnaissant l’existence de cycles plus ou moins favorables à la recherche d’argent. Thomas Ruyant juge pour sa part que les organisateurs doivent aussi jouer un rôle de relais dans les périodes plus difficiles.

Dans un sport qui ne tire ses revenus ni de la billetterie ni des droits télévisés, Erwan Le Roux estime que des changements s’imposent pour éviter un éclatement rapide de la bulle. Il constate que la voile devient de plus en plus coûteuse et que d’autres disciplines offrent une visibilité plus attrayante. Il cite une entreprise qui a préféré financer le maillot d’une équipe de rugby diffusée chaque week-end plutôt que la voile. « Les riches deviennent de plus en plus riches », résume-t-il.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.