Les États-Unis ont annoncé ce mercredi qu'ils allaient autoriser l'Ukraine à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes. Cette décision a été révélée par le président américain Donald Trump à l'issue du sommet de l'Otan à Ankara, où il a rencontré son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. « Nous allons vous donner une licence pour fabriquer des Patriot », a déclaré Trump, ajoutant avec une pointe d'ironie: « De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu'on ne vous en fournit pas assez. »
L'Ukraine réclame depuis des mois à ses alliés d'augmenter leurs livraisons de ces missiles de fabrication américaine, sur lesquels repose principalement sa défense antiaérienne face aux attaques russes. Ces dernières semaines, les frappes de missiles balistiques russes se sont intensifiées, rendant ces systèmes encore plus cruciaux. Cependant, le président américain n'a pas précisé sous quelles conditions ni à quelle échéance cette autorisation serait accordée. Il n'est pas clair non plus si l'Ukraine dispose des capacités industrielles pour fabriquer ces missiles coûteux à court terme.
Le sommet de l'Otan à Ankara a également été l'occasion pour les 32 pays membres de réaffirmer leur soutien sans faille à l'Ukraine, au nom de la « sécurité transatlantique ». Donald Trump, souvent critique envers les alliés européens, a cette fois usé de mots inhabituels pour se montrer conciliant. « C'était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d'amour dans la pièce, beaucoup d'unité », a-t-il déclaré aux côtés de Volodymyr Zelensky. Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est également félicité de l'unité affichée: « Je retourne en Allemagne avec le sentiment que l'Otan reste unie, qu'elle devient plus forte et plus européenne. »
Sur le terrain, les combats continuent de faire des victimes. Ce mercredi, sept personnes ont été tuées lors des dernières frappes russes en Ukraine. Une adolescente de 15 ans a notamment perdu la vie dans la région de Mykolaïv. Plusieurs blessés sont également à déplorer. La capitale Kiev a été visée par des missiles balistiques, et plusieurs déflagrations ont été entendues par des journalistes de l'AFP durant la nuit. Une première explosion s'est produite avant même le déclenchement de l'alerte aérienne. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé cinq missiles balistiques, deux missiles de croisière ainsi que 169 drones d'attaque et appareils assimilés. La défense antiaérienne ukrainienne aurait abattu 139 drones, mais n'a pas réussi à intercepter les missiles. En Russie, une personne a été tuée dans la région de Saratov lors d'une attaque de drones ukrainienne, selon le gouverneur régional.
Face à ces attaques, la Russie a annoncé ce mercredi une interdiction des exportations de gazole. Cette mesure vise à faire face aux pénuries de carburant provoquées par les frappes ukrainiennes sur ses raffineries. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak a déclaré lors d'une réunion avec Vladimir Poutine que « une interdiction d'exportation de gazole est entrée en vigueur aujourd'hui, ce qui permettra d'augmenter les approvisionnements sur le marché intérieur ». Il a qualifié la situation actuelle de « compliquée », nécessitant d'importer des produits pétroliers pour pallier le manque. Vladimir Poutine a de son côté affirmé que l'Ukraine « cherche à nuire à l'économie russe et à créer un climat de nervosité au sein de la société », mais a assuré qu'elle n'y parviendrait pas car « la marge de sécurité du réseau énergétique russe est très élevée ». Les dernières attaques ukrainiennes, survenues à un moment où la demande en carburant est accrue en raison de la saison estivale, ont provoqué des pénuries dans de nombreuses régions, notamment en Crimée, péninsule annexée par la Russie en 2014.
Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit entre dans son 1.595e jour. Les annonces de Trump à Ankara, bien que prometteuses pour Kiev, restent entourées de flou quant à leur mise en œuvre. La capacité de l'Ukraine à produire des missiles Patriot à court terme est incertaine, et les conditions de cette licence n'ont pas été détaillées. En attendant, les frappes russes continuent de semer la mort et la destruction, tandis que Moscou tente de contrer les conséquences économiques des attaques ukrainiennes sur son infrastructure énergétique. La communauté internationale observe avec attention les développements de ce conflit qui ne montre aucun signe d'apaisement.


