Le tribunal administratif de Paris a annulé lundi l'obligation de présenter un QR code pour accéder au traditionnel défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées. Saisie en urgence par l'association Vigie Liberté, la justice a enjoint au préfet de police de Paris de ne pas prendre en compte ce dispositif, jugé dépourvu de base légale et réglementaire.

Les autorités avaient justifié cette mesure inédite par des raisons de sécurité renforcées, en raison de la présence accrue de chefs d'État et de gouvernement. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait demandé au préfet Patrice Faure de rehausser le niveau de sécurité tout en maintenant le caractère populaire de l'événement, sans jauge limite. La préfecture de police avait toutefois affirmé que la décision relevait de sa propre initiative.

Le public devait initialement présenter un QR code nominatif, délivré par la présidence après inscription sur son site Internet, ainsi qu'une pièce d'identité, entre 6 heures et 15 heures mardi. Mais le tribunal a ordonné un retour à des méthodes plus traditionnelles, incluant des points de filtrage et des palpations des spectateurs. L'association Vigie Liberté a salué une « victoire importante pour les libertés publiques » et un « rappel salutaire du principe de légalité ».

Le président-fondateur de Vigie Liberté, Amine Elbahi, a expliqué que l'association ne contestait pas la nécessité de sécuriser le défilé, mais dénonçait des modalités d'accès communiquées « tardivement, sans base légale et réglementaire », créant une « grande confusion » pour le public et les forces de l'ordre. En 2024, un QR code avait déjà été imposé pour le défilé, alors délocalisé avenue Foch en raison des Jeux olympiques de Paris, mais un décret ad hoc avait été pris par le gouvernement, ce qui n'a pas été le cas cette année.

Cette décision judiciaire intervient alors que le défilé du 14-Juillet 2026 s'annonce particulièrement important. Il s'agira du dernier pour Emmanuel Macron en tant que président de la République. Quelque 6 700 troupes à pied sont attendues, avec un soutien international pour l'Ukraine et une mise en avant de la Marine nationale. La présence de nombreux chefs d'État et de gouvernement justifiait, selon les autorités, un dispositif de sécurité exceptionnel.

La préfecture de police devra désormais organiser le filtrage du public sans recourir au QR code, en s'appuyant sur des contrôles physiques et des palpations. Cette décision pourrait avoir des conséquences sur l'affluence et l'organisation logistique de l'événement, qui attire chaque année des milliers de spectateurs sur les Champs-Élysées. Les forces de l'ordre devront adapter leur dispositif en conséquence, dans un délai très court.

L'association Vigie Liberté, qui milite pour la protection des libertés publiques, a estimé que cette annulation constituait un précédent important. Elle rappelle que toute restriction de liberté doit reposer sur une base légale claire, même dans un contexte de menace terroriste élevée. Le tribunal administratif a ainsi rappelé l'importance du principe de légalité, même pour des événements d'envergure nationale.