La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a vivement critiqué ce mercredi 29 juillet le projet de la FIFA de céder des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, dénonçant une « vente » du sport le plus populaire de la planète. Lors d’une déclaration officielle, elle a affirmé que « le football n’est pas à vendre » et a convoqué une réunion d’urgence avec les principales instances européennes du football, sous l’égide de l’UEFA.

Ce projet controversé, porté par le président de la FIFA Gianni Infantino, prévoit la création d’une société distincte qui permettrait à des fonds d’investissement privés, et potentiellement à des proches de la famille Trump, d’acquérir des participations dans les droits commerciaux de la Coupe du monde. Selon plusieurs sources concordantes, cette initiative viserait à lever des fonds massifs pour financer les compétitions futures et les programmes de développement, mais elle suscite une vive opposition dans le monde du football, notamment en Europe.

La réunion d’urgence, qui se tient ce mercredi à l’initiative de Marina Ferrari, rassemble les fédérations nationales des pays européens ainsi que des responsables de l’UEFA. L’objectif est de coordonner une réponse commune face à ce que certains dirigeants qualifient d’« attaque absolue contre le football ». La ministre a souligné que ce projet pourrait « profondément transformer l’équilibre de notre sport » en soumettant les décisions sportives à des intérêts purement financiers.

L’opposition européenne est unanime. Plusieurs fédérations, dont la Fédération française de football (FFF), ont fait savoir qu’elles rejetaient toute forme de privatisation des compétitions internationales. L’UEFA, de son côté, a confirmé sa participation active aux discussions et a appelé à une réflexion approfondie sur la gouvernance du football mondial. « Nous ne pouvons pas laisser une institution comme la FIFA être dirigée par des logiques de rentabilité à court terme », a déclaré un porte-parole de l’UEFA, sous couvert d’anonymat.

Ce n’est pas la première fois que Gianni Infantino suscite la controverse. Depuis son élection à la tête de la FIFA en 2016, il a multiplié les réformes visant à accroître les revenus de l’organisation, notamment par l’extension de la Coupe du monde à 48 équipes et la création d’une Coupe du monde des clubs élargie. Le projet actuel de vente de parts s’inscrit dans cette logique de recherche de nouvelles sources de financement, mais il se heurte à une opposition croissante de la part des instances nationales et continentales.

En France, la ministre des Sports a également évoqué la nécessité de protéger l’intégrité du sport face à l’influence croissante des capitaux extérieurs. « Le football appartient aux supporters, aux joueurs, aux clubs et aux fédérations, pas aux fonds d’investissement », a-t-elle insisté. Elle a annoncé que le gouvernement français suivrait de près l’évolution du dossier et qu’il n’hésiterait pas à mobiliser les instances internationales si nécessaire.

La réunion de ce mercredi devrait aboutir à une position commune des fédérations européennes, qui pourrait être présentée lors du prochain conseil de la FIFA. Certains observateurs n’excluent pas une saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) si le projet venait à être adopté sans consultation préalable des parties prenantes. En attendant, le football européen affiche une unité rare pour défendre ce qu’il considère comme l’essence même de son sport.