Le sélectionneur du Maroc, Mohamed Ouahbi, a exprimé son mécontentement après la défaite de son équipe face à la France (0-2) en quarts de finale de la Coupe du monde 2026, jeudi au Gillette Stadium de Boston. Il estime qu'une main d'Adrien Rabiot, non sanctionnée par l'arbitre, a perturbé ses joueurs sur l'action ayant conduit à l'ouverture du score de Kylian Mbappé à l'heure de jeu.
« Certains joueurs se sont arrêtés parce qu'ils ont vu une faute de main, et il y en a effectivement eu une, a déclaré Ouahbi en conférence de presse. Je ne sais pas si elle aurait dû être sifflée ou non, je n'en suis pas sûr, mais c'est ce qui s'est passé. Ensuite, Mbappé a réalisé une action individuelle qui lui a permis de marquer. » Cette déclaration a relancé un débat sur l'arbitrage vidéo, même si la VAR a bien vérifié l'action sans que la réalisation ne diffuse de ralenti.
En revoyant les images du match dans leur intégralité, il est impossible de déterminer avec certitude si Rabiot a touché le ballon de la main, en raison de l'angle de vue. Mais même en cas de contact, la loi 12 de l'International Football Association Board (IFAB) précise qu'une main n'est sanctionnable que si elle est délibérée ou si le joueur augmente artificiellement la surface de son corps. Or, Rabiot attaque le ballon rapidement en avançant, le touche d'abord avec son pied avant que celui-ci ne remonte vers sa main. De plus, seules les mains involontaires du buteur lui-même sont passibles d'une faute. En l'occurrence, il s'agit d'une micro-polémique sans fondement solide.
Au-delà de cette contestation, la rencontre a surtout mis en lumière la supériorité écrasante des Bleus. Les statistiques sont sans appel: 3,05 expected goals (xG) pour la France contre 0,14 pour le Maroc, 22 tirs à 5, six arrêts de Yassine Bounou dont un penalty, contre un seul tir cadré pour les Lions de l'Atlas en fin de match. Les hommes de Didier Deschamps ont dominé leur sujet du début à la fin, transformant les Marocains en « vulgaires petits chatons inoffensifs », selon les mots d'un observateur sur place.
« Il faut reconnaître que c'est une super belle équipe, a concédé Ouahbi. On n'a pas reconnu notre équipe ce soir. » Le sélectionneur marocain a souligné que ses joueurs, pourtant outsiders crédibles avant le match, n'ont jamais réussi à imposer leur jeu face à une formation française qui enchaîne les démonstrations depuis le début du Mondial. Après avoir éliminé le Sénégal, l'Irak, la Norvège, la Suède et le Paraguay, les Bleus ont ajouté le Maroc à leur liste de victimes, confirmant leur statut de favoris.
Cette qualification pour les demi-finales, la troisième d'affilée pour la France en Coupe du monde, repose sur une solidité défensive et une efficacité offensive redoutables. Kylian Mbappé, auteur du premier but, a une nouvelle fois été décisif, tandis que le milieu de terrain, avec Rabiot et Koné, a muselé les transitions marocaines pourtant redoutées. Les Lions de l'Atlas, emmenés par Brahim Diaz et Achraf Hakimi, n'ont jamais trouvé la clé face à une défense française bien organisée.
Pour le Maroc, l'aventure s'arrête en quarts, mais le parcours reste honorable. Après avoir atteint les demi-finales en 2022, les Lions de l'Atlas confirment leur progression sur la scène internationale. Cependant, la déception est palpable, d'autant que l'équipe espérait prendre sa revanche sur la défaite de 2022. « On avait préparé ce match avec beaucoup d'ambition, mais la France a été plus forte, a conclu Ouahbi. Il faut maintenant tirer les leçons et continuer à travailler. »
La France, de son côté, se tourne vers les demi-finales avec confiance. Didier Deschamps peut compter sur un collectif soudé et des individualités de classe mondiale. La polémique autour de la main de Rabiot, bien que rapidement dissipée par l'analyse des règles, n'entache pas la performance des Bleus, qui ont une nouvelle fois démontré leur capacité à élever leur niveau dans les grands rendez-vous.


