La polémique autour de la participation de l’attaquant américain Folarin Balogun au huitième de finale de la Coupe du monde 2026 entre la Belgique et les États-Unis ne cesse d’enfler. Alors que le coup d’envoi est prévu dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 juillet à Seattle, l’Union belge a officiellement contesté l’éligibilité du joueur, après que la Fifa a annulé son carton rouge à la suite d’une intervention directe du président américain Donald Trump.
Balogun, qui évolue à l’AS Monaco, avait été expulsé lors du seizième de finale opposant les États-Unis à la Bosnie-Herzégovine. L’arbitre lui avait infligé un carton rouge pour un geste jugé dangereux, ce qui devait le priver du match suivant. Mais la Fifa a suspendu cette sanction après que Donald Trump a personnellement contacté Gianni Infantino, le président de l’instance mondiale du football, pour plaider la cause du joueur.
Cette décision, qualifiée de « sans précédent » par plusieurs observateurs, a suscité un tollé dans le monde du football. La Belgique, qui devait affronter les États-Unis sans Balogun, a déposé un recours auprès de la Fifa pour contester la levée de la suspension. Ce lundi, l’instance a rejeté la requête belge, confirmant que l’attaquant américain serait bien autorisé à jouer.
L’Union belge a immédiatement réagi en annonçant qu’elle « conteste l’éligibilité » de Balogun, estimant que la procédure suivie par la Fifa n’était pas conforme à ses propres règlements. Dans un communiqué, elle a dénoncé une ingérence politique inacceptable et a promis de poursuivre ses démarches, y compris devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) si nécessaire.
L’affaire a pris une ampleur internationale, Donald Trump ayant lui-même confirmé son intervention auprès de Gianni Infantino. Le président américain a justifié son geste en affirmant vouloir défendre un joueur talentueux et injustement sanctionné. Mais cette ingérence directe d’un chef d’État dans les décisions sportives a été largement critiquée, y compris par d’anciens responsables de la Fifa et des fédérations nationales.
Folarin Balogun, né à New York de parents nigérians, est devenu l’un des visages montants du football américain. Après avoir représenté les équipes de jeunes de l’Angleterre, il a choisi de jouer pour les États-Unis en 2023. Son parcours à l’AS Monaco, où il s’est imposé comme un attaquant prolifique, en a fait un joueur clé de la sélection américaine pour ce Mondial.
La Belgique, de son côté, estime que la décision de la Fifa crée un précédent dangereux. « Si un chef d’État peut interférer dans les règles de la Fifa, c’est tout l’édifice du football mondial qui est fragilisé », a déclaré un porte-parole de l’Union belge. La fédération belge a également souligné que le carton rouge de Balogun avait été validé par l’arbitre et par la commission de discipline de la Fifa avant d’être annulé.
Le match Belgique-États-Unis, qui se déroule au Lumen Field de Seattle, est désormais placé sous haute tension. Les supporters belges ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux, tandis que les médias américains saluent l’intervention de Trump comme un geste patriotique. La Fifa, de son côté, n’a pas commenté les critiques, se contentant de confirmer que Balogun était éligible.
Cette affaire relance le débat sur l’indépendance des instances sportives face au pouvoir politique. Plusieurs experts juridiques estiment que la Belgique pourrait obtenir gain de cause devant le TAS, mais la procédure serait trop longue pour influencer le match de cette nuit. En attendant, les deux équipes se préparent à un affrontement qui restera dans l’histoire, quel qu’en soit le résultat.


