Le Tour de France 2026 a offert un premier rendez-vous de haute montagne décisif ce jeudi 9 juillet, avec l'ascension du col du Tourmalet. Et le jeune Français Paul Seixas, leader de l'équipe Decathlon CMA CGM, a marqué les esprits en franchissant le col hors catégorie en troisième position, à seulement 1 minute et 26 secondes du Slovène Tadej Pogacar, vainqueur de l'étape et nouveau maillot jaune. Une performance qui confirme que le coureur de 22 ans a sa place parmi les cadors du peloton.

Dans l'ascension mythique des Pyrénées, Seixas a d'abord subi l'attaque de Pogacar à cinq kilomètres du sommet, puis a lâché la roue de Jonas Vingegaard quelques hectomètres plus loin. Mais au lieu de sombrer, il a géré son effort avec intelligence et a recollé au duo composé de Florian Lipowitz et Isaac Del Toro à deux kilomètres du but. Mieux encore, il a pris les commandes de ce groupe pour imprimer son rythme, passant symboliquement en tête de ce trio au sommet. « Je pense que j'étais à ma place », a-t-il sobrement commenté à l'arrivée à Gavarnie-Gèdre.

Cette démonstration de force et de maturité n'a pas échappé aux observateurs. Le consultant Laurent Jalabert, sur France TV, s'est enflammé: « Pogacar, c'est un phénomène, ça paraît surnaturel, mais ce que fait Seixas, c'est la même chose. C'est du même acabit. Pogacar n'a jamais fait ça à son âge. Faisons attention parce que bientôt, c'est Seixas qui va faire ça! Je pense qu'il en est capable. » Un compliment rare qui place le Français dans une lumière flatteuse, d'autant qu'il a également été salué par le président de la République, Emmanuel Macron, venu assister à l'arrivée.

Au classement général, Seixas occupe désormais la sixième place, à 28 secondes de la troisième marche du podium occupée par Isaac Del Toro. Il devance notamment Remco Evenepoel (25 secondes) et Juan Ayuso (21 secondes) au soir de cette première étape de montagne. Un chrono par équipes défavorable en début de Tour ne l'a pas empêché de se hisser à ce niveau. « Le podium est jouable », estime la rédaction de 20 Minutes, qui lui attribue une note de 9/10 pour cette étape, tandis que le commentateur Alexandre Pasteur parle d'un « 20/20 » car le leader a « plus que tenu son rang ».

Cependant, cette performance individuelle masque une faiblesse collective. Ses coéquipiers n'ont pas été à la hauteur: Aurélien Paret-Peintre a lâché dans l'Aspin, Matthew Riccitello au début du Tourmalet, et Nicolas Prodhomme a mis le clignotant à 7,5 kilomètres du sommet, alors que les équipes UAE, Lidl-Trek, Visma et Red Bull comptaient encore deux ou trois coureurs pour soutenir leurs leaders. Sans conséquence fâcheuse pour Seixas cette fois, mais le niveau devra être relevé le 14 juillet lors de l'étape vers Le Lioran, où les écarts pourraient se creuser.

De son côté, Jonas Vingegaard, grand rival de Pogacar, a vécu une journée difficile. Lâché dans le Tourmalet, le Danois a concédé 2 minutes et 40 secondes à l'arrivée. Il s'est dit « très déçu » mais refuse de baisser les bras: « Je crois toujours en moi », a-t-il déclaré, espérant que son tour viendra dans les prochaines étapes de montagne.

Pour Paul Seixas, ce premier test en haute montagne est une réussite éclatante. Il a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs mondiaux et s'impose comme le principal espoir français pour les années à venir. La suite du Tour dira s'il peut concrétiser ces promesses sur les pentes plus raides du Massif central et des Alpes.