Une attaque de missiles balistiques russes a tué au moins dix personnes à Kiev et dans sa région samedi, au moment où le président américain Donald Trump hésite encore à autoriser l'Ukraine à produire des missiles antiaériens Patriot pour intercepter ce type de frappes.
L'armée de l'air ukrainienne a fait état de 35 missiles et 185 drones d'attaque lancés par la Russie contre le pays au cours de la nuit, dont deux missiles et 154 drones interceptés. Les autorités locales dénombrent neuf morts et une trentaine de blessés dans la capitale, ainsi qu'un mort et trois blessés dans sa région. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent d'épaisses colonnes de fumée au-dessus des incendies provoqués par les frappes, tandis que les services de secours étaient encore à l'œuvre.
Cette nouvelle attaque survient alors que la Russie a utilisé en juillet un nombre record de missiles. Selon l'analyse des rapports quotidiens de l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a tiré 376 missiles sur l'Ukraine le mois dernier, plus du double du total de juin. La majorité de ces tirs a visé Kiev, que la Russie avait promis de cibler « systématiquement » après une série de frappes ukrainiennes meurtrières en Russie et dans les territoires occupés. La Russie a également lancé 4 956 drones d'attaque en juillet, soit 14 % de moins qu'en juin.
L'Ukraine assure intercepter la majorité des drones russes, mais elle dépend des livraisons d'armements occidentaux, notamment des missiles Patriot, pour contrer les missiles balistiques. Le président Volodymyr Zelensky presse Washington de fournir davantage de systèmes de défense antiaérienne, alors que Donald Trump tergiverse toujours sur l'autorisation donnée à l'Ukraine de produire des Patriot.
Le conflit s'étend également en mer Noire. Un navire de l'agence atomique russe Rosatom, le porte-conteneurs Yanina, a été coulé par une attaque de deux drones ukrainiens à 130 milles de Novorossiïsk, a annoncé la société ce samedi. Les 17 membres d'équipage ont tous été secourus et se portent bien, selon le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev, qui a qualifié l'attaque de « piraterie et de brigandage en mer ». Le navire transportait des « marchandises civiles » et naviguait dans les eaux internationales, a-t-il précisé.
Cette frappe illustre l'intensification de la guerre maritime entre Kiev et Moscou. Ces dernières semaines, les deux camps ont multiplié les attaques contre des navires civils, perturbant la navigation au large des ports russes et ukrainiens. L'armée ukrainienne affirme avoir mené plus d'une centaine d'attaques de drones contre des cargos russes en mer d'Azov, contraignant Moscou à étudier des routes alternatives pour ses exportations. Le week-end dernier, l'Ukraine avait attaqué un navire iranien en mer Caspienne, tuant un marin et provoquant un bref pic de tensions avec Téhéran, qui avait menacé Kiev de représailles.
De son côté, la Russie bombarde à répétition le port ukrainien d'Odessa et les navires qui l'utilisent, obligeant les armateurs à suspendre leurs escales et mettant à l'arrêt les exportations agricoles de l'Ukraine par la mer Noire. Cette journée du 1er août, la 1 619e depuis le début du conflit, illustre à la fois la pression aérienne russe sur les grandes villes ukrainiennes et la fragilité croissante des routes maritimes dans la région.



