Actualités 4 min de lecture Par Noémie Weber
Sanctions américaines contre Moscou, la Pologne redoute des attaques russes « masquées »
Le Congrès américain a adopté de nouvelles sanctions visant la flotte fantôme russe, tandis que Donald Tusk avertit que les plans de Moscou incluent des attaques hybrides contre les pays soutenant Kiev.
Le Congrès américain a adopté dans la nuit du 16 au 17 septembre 2026 un nouveau train de sanctions contre la Russie, une décision saluée par Volodymyr Zelensky comme « un outil extrêmement puissant » pour contraindre Moscou à la paix. Le texte, voté après les sénateurs au mois d'août, prévoit pour la première fois côté américain de s'en prendre directement à la flotte fantôme russe, ces navires qui permettent à Moscou de contourner les restrictions occidentales sur ses exportations d'hydrocarbures.
La mesure donne également à Donald Trump le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, parmi lesquels figurent la Chine et l'Inde. Le Kremlin a réagi en affirmant que ces sanctions allaient « sans aucun doute » compliquer les recherches et les efforts visant à trouver un règlement pacifique en Ukraine. La nouvelle est tombée alors que Kiev était à nouveau la cible de frappes russes dans la nuit.
En Pologne, le Premier ministre Donald Tusk a mis en garde jeudi devant le Parlement contre un risque réel d'attaques hybrides de drones et de missiles contre les pays soutenant l'Ukraine. Selon les évaluations des services de renseignement citées par le chef du gouvernement polonais, le plan russe inclut ce type d'opérations visant notamment la Pologne et d'autres États du flanc Est de l'Otan. « Il y a un risque réel que des drones puissent tomber sur le territoire d'un ou de plusieurs pays du flanc Est de l'Otan », a-t-il déclaré.
Donald Tusk a ajouté que, malgré de possibles « dommages », le narratif officiel de Moscou consisterait à présenter ces incidents comme des accidents. L'objectif, selon lui, est aussi d'affaiblir la cohésion globale de l'Alliance atlantique et de convaincre les pays membres que l'Article 5 du traité, qui prévoit la défense mutuelle, est « davantage théorique que réel ». Le territoire polonais constitue la principale voie de transit de l'aide militaire et humanitaire occidentale vers Kiev, ce qui en fait une cible stratégique aux yeux de Moscou. Le Premier ministre polonais doit se rendre en Ukraine ce vendredi, où il doit notamment retrouver son homologue slovaque Robert Fico.
Sur le plan budgétaire, l'Ukraine fait face à un besoin de financements extérieurs estimé à 45,8 milliards d'euros pour 2027, un « trou » lié en grande partie à l'effort de défense. Les dépenses de défense et de sécurité prévues atteignent 95,9 milliards d'euros, en hausse de 11,9 % par rapport à 2026. Cette somme représente 43,8 % du PIB ukrainien, une part record depuis le début de la guerre et la plus élevée au monde. Selon Roksolana Pidlassa, présidente de la commission du budget du Parlement ukrainien, chaque jour de guerre coûte environ 165 millions d'euros à l'Ukraine.
En France, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, a affirmé mercredi soir sur LCI que le pays ne pouvait plus aider l'Ukraine « à proportion de ce que nous faisons jusqu'à présent ». Elle a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un « acte d'hostilité à l'égard de l'Ukraine », ajoutant que la formation de soldats et la fourniture de matériel défensif pouvaient se poursuivre, mais que l'effort financier ne pouvait plus être maintenu au même niveau. Ces déclarations interviennent dans un contexte où le soutien occidental à Kiev fait l'objet de débats croissants, alors que la guerre entrait jeudi dans son 1 667e jour.




