La ministre de la Culture, Catherine Pégard, prépare deux circulaires pour renforcer l'application du délit d'entrave à l'expression artistique, a-t-elle annoncé vendredi 31 juillet dans un entretien accordé au quotidien « Le Parisien ». Cette décision fait suite à l'interruption, le 18 juillet à Grenoble, du concert de la DJ Barbara Butch par des militants propalestiniens. La municipalité et l'artiste ont déposé plainte après des jets de bouteilles en verre et d'autres projectiles « visant délibérément la scène ».
« Deux circulaires, adressées aux préfets et aux magistrats du parquet, renforcent les dispositions et réaffirment l'état de droit comme rempart contre toutes les censures », a déclaré la ministre. Son cabinet a confirmé que ces deux textes sont en cours de préparation et qu'ils seront cosignés, l'un par le ministre de l'Intérieur, l'autre par le ministre de la Justice. Cette mesure figurait déjà dans le plan interministériel présenté en avril, qui comprenait plusieurs actions destinées à garantir la protection de la création sur l'ensemble du territoire.
La ministre a également indiqué vouloir renforcer la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (LCAP). Ce texte a instauré un délit spécifique pour sanctionner l'entrave à une représentation publique. « Le délit d'entrave à un spectacle existe. Ceux qui empêchent un concert de se tenir peuvent s'attendre à des sanctions », a-t-elle insisté. L'objectif est de garantir que ces perturbations ne restent pas sans suite.
L'annonce intervient après l'incident du 18 juillet à Grenoble. Le concert de Barbara Butch avait été interrompu par des militants propalestiniens, qui reprochaient à la DJ sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël, ainsi que sa signature d'une tribune soutenant une proposition de loi depuis retirée. Selon la municipalité et l'artiste, des jets de bouteilles en verre et d'autres projectiles avaient visé délibérément la scène. Une plainte a été déposée par la ville et par l'artiste.
Le cas de Barbara Butch illustre les tensions qui entourent les prises de position des artistes sur le conflit au Proche-Orient. La ministre de la Culture a présenté cette réponse comme une défense de la liberté de création, au-delà du seul cas grenoblois.
Dans son entretien au « Parisien », Catherine Pégard a insisté sur le rôle de l'état de droit face aux tentatives de censure. Les deux circulaires, qui seront bientôt envoyées aux préfets et aux magistrats du parquet, doivent permettre de rappeler les règles applicables et d'assurer une protection effective des spectacles. La ministre a également rappelé que la loi de 2016 prévoit déjà des sanctions pour ce type d'infraction. Ces textes complètent les engagements pris en avril par le gouvernement en faveur de la liberté de création.



