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mardi 3 novembre 2026 · Paris

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La baisse du gazole inégalement répercutée à la pompe selon les stations

Annoncée par le gouvernement pour le 1er novembre, la baisse du prix du gazole n’a pas été appliquée uniformément dans les stations-service, au grand agacement des automobilistes.

La baisse du gazole inégalement répercutée à la pompe selon les stations
© 20minutes.fr

La baisse du prix du gazole promise par le gouvernement à compter du 1er novembre ne s’est pas traduite partout à la pompe. Aux abords d’une station Leclerc de Saint-Grégoire, près de Rennes, une affichette annonçait une baisse de 21 centimes par litre TTC liée au déstockage des réserves stratégiques, tandis que d’autres établissements de la même ville affichaient toujours les anciens tarifs.

Le ministre du Commerce, Serge Papin, avait affirmé que « plus de la moitié » des stations-service avaient appliqué cette réduction dès le lundi matin. Le gouvernement annonçait une diminution de 12 à 18 centimes par litre de gazole, grâce à la libération de barils issus des stocks stratégiques que les distributeurs pouvaient acheter à prix coûtant. Sur le terrain, le constat est plus contrasté : à la station TotalEnergies de l’avenue Charles Tillon, le gazole restait affiché à 2,25 euros, et à la station Super U du centre commercial Grand Quartier, à 2,40 euros, sans trace de la remise attendue.

Dans la file d’attente de la station Leclerc, Estelle, qui roule peu, dit avoir modéré ses déplacements ces derniers jours en attendant la baisse. Elle avait auparavant pris l’habitude de se fournir chez Total, qui avait bloqué son prix à 2,25 euros. « Ce qui m’étonne, c’est que tout le monde n’a pas le même prix », relève-t-elle, avant d’ajouter que cette économie n’était « déjà » pas négligeable.

Le mécontentement est vif chez d’autres automobilistes. Yohann, qui parcourt 40 kilomètres par jour pour se rendre au travail, dénonce une situation qui, selon lui, relève de la moquerie : « On se moque des gens, franchement. Quand on nous dit que le prix du baril va augmenter, on voit tout de suite la différence. Mais quand il faut baisser, là, on ne voit rien. » Il rappelle que lui et sa femme dépensent chacun plus de 200 euros d’essence par mois rien que pour leurs trajets professionnels. Ancien « Gilet jaune », il avait manifesté lorsque le gazole avait atteint 1,50 euro le litre ; il estime que le prix a depuis bondi de 60 %.

D’autres usagers doutent que la baisse dure. Suzanne, qui se dit convaincue que le gouvernement « nous prend pour des imbéciles », s’inquiète de ne pas retrouver un prix inférieur à deux euros. Fabrice, lui, juge énorme un litre de diesel à 2,40 euros et a trouvé sa parade : il fait rouler son vieux Berlingo essence avec une partie de bioéthanol, sans modification du moteur, depuis quatre ans.

La baisse concerne en outre le seul gazole. Inès, qui roule à l’essence, ne profitera pas de la libération des stocks, pas plus que Carla, qui a dépensé 75 euros pour un aller-retour vers Saint-Malo et doit encore faire le plein pour rentrer à Angers. Un article de presse régionale souligne d’ailleurs que cette décision ne règle pas la question à long terme, puisque l’effet des stocks stratégiques est par nature temporaire. Le répit, selon les analyses publiées le même jour, pourrait donc être de courte durée, et la réduction constatée reste pour l’heure très inégale selon les stations.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.