Économie 3 min de lecture Par Noémie Weber
Le Smic pourrait être revalorisé avant la fin de l’année, selon Roland Lescure
Le ministre de l’Économie n’exclut pas une hausse anticipée du salaire minimum, à discuter avec les partenaires sociaux, alors que le patronat s’y oppose.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, n’exclut pas une revalorisation anticipée du Smic avant le 1er janvier. Interrogé par France Info, il a déclaré : « Si l’inflation se poursuit, évidemment le Smic poursuivra son augmentation. Et sur le calendrier, on va évidemment en discuter, ça fait partie des paramètres qu’on doit mettre sur la table avec les partenaires sociaux. » Une piste qui, selon lui, fait partie des débats en cours, dans un contexte où la question du pouvoir d’achat reste au centre des mobilisations sociales qui traversent le pays.
Le gouvernement cherche précisément des réponses à cette question. De source syndicale, l’exécutif serait tenté d’avancer la revalorisation du salaire minimum initialement prévue au 1er janvier. Le Smic est la seule rémunération minimale obligatoire en France à évoluer mécaniquement avec l’inflation. Il avait déjà été relevé le 1er juin, de 2,41 %, afin de suivre une hausse des prix repartie à la hausse en raison de la guerre au Moyen-Orient. C’est donc ce mécanisme automatique qui fixe le rythme des revalorisations, et qui explique que toute évolution durable des prix pèse directement sur le montant du salaire minimum.
Cette perspective se heurte toutefois à l’opposition du patronat. Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé vendredi qu’une hausse du Smic destinée à « acheter la paix sociale », ajoutée au renchérissement du coût du travail prévu dans le budget de la Sécurité sociale, risquait de « créer la pagaille dans les entreprises ». Selon lui, cette mesure viendrait « se surajouter » à la baisse des allègements de charges patronales prévue dans le projet de budget du gouvernement. Il s’agit donc, pour les employeurs, d’un double effet sur le coût du travail, au moment même où le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale sont en discussion.
Le débat porte ainsi à la fois sur le calendrier, avec une éventuelle anticipation de la revalorisation, et sur l’équilibre que trouveront les pouvoirs publics entre soutien au pouvoir d’achat des salariés et charges supportées par les entreprises. Le ministre a insisté sur la nécessité de discuter de ces paramètres avec les partenaires sociaux avant toute décision, ce qui laisse ouverte la question d’une mise en œuvre dès la fin de l’année ou d’un maintien de l’échéance du 1er janvier.
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