Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté ce jeudi la requête du parti Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, qui demandait d'interdire à Marine Le Pen d'employer le mot «renaissance» dans son slogan de campagne pour l'élection présidentielle de 2027. La candidate du Rassemblement national pourra donc conserver cette formule sur son affiche, où figure l'inscription «Pour la France, la renaissance» au-dessus de son portrait souriant, les bras écartés.

Le parti présidentiel avait assigné Marine Le Pen et le Rassemblement national mi-juillet pour «contrefaçon de marque» et «parasitisme», estimant que l'utilisation de ce terme créait une confusion avec le nom de leur formation politique. Mais le tribunal a considéré que le slogan litigieux n'entre pas dans le domaine du droit des marques, car il est utilisé pour une offre politique et non pour un produit ou un service. Sur le volet du parasitisme, les juges ont retenu que l'emploi du nom commun «la renaissance» ne suscite pas de confusion avec le nom propre «Renaissance», ne laisse pas croire à une collaboration entre les deux mouvements politiques et ne tire aucun avantage indu.

Le tribunal a également estimé que la reprise de ce mot n'aurait pu constituer un trouble manifestement illicite que s'il visait à tromper l'électeur, ce qui n'est pas le cas. En conséquence, la demande d'interdiction a été rejetée. Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande reconventionnelle du RN et de Marine Le Pen pour procédure abusive, jugeant que Gabriel Attal et son parti avaient seulement commis une erreur juridique sans intention de nuire.

Le directeur de campagne de Marine Le Pen, Julien Sanchez, s'est félicité de cette décision, y voyant «un véritable camouflet» pour le parti macroniste. Il a accusé ce dernier d'avoir tenté de priver le Rassemblement national et sa candidate de leur liberté d'expression en s'appropriant un mot de la langue française et une période de l'histoire de France. De son côté, le parti Renaissance a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel de la décision, affirmant que sa démarche visait uniquement à protéger l'identité, les valeurs et le nom sous lesquels des milliers de militants s'engagent depuis plusieurs années auprès des Français. Gabriel Attal lui-même a dénoncé un «parasitisme» politique et assure que le débat démocratique exige clarté et sincérité.