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Le Sénat rejette la réforme constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse

Le Sénat a rejeté la réforme constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, qui devait ouvrir la voie à des pouvoirs dérogatoires pour l'île. Le camp autonomiste a annoncé son retrait du processus de Beauvau.

Le Sénat rejette la réforme constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse
Le Sénat rejette la réforme allant vers l’autonomie de la Corse

Le Sénat a rejeté lundi soir la réforme constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, un texte destiné à accorder à l'île des pouvoirs dérogatoires. Dans la foulée, le camp autonomiste a annoncé son « retrait » du processus de Beauvau, engagé pour conduire la Corse vers un statut d'autonomie au sein de la République. La réponse à la question de l'avenir institutionnel de l'île apparaît désormais plus incertaine que jamais.

Le sénateur de Haute-Corse Paul Toussaint Parigi, du mouvement Femu a Corsica, a dénoncé une décision qui détruit, selon lui, un accord politique équilibré. « Une majorité archaïque a choisi ce soir de détruire un accord politique équilibré patiemment construit et porteur d'espoir », a-t-il déclaré, avant de quitter l'hémicycle avec plusieurs représentants autonomistes et nationalistes venus assister aux débats à la chambre haute. « Dans ces conditions, nous nous retirons du processus de Beauvau », a-t-il ajouté. Le parti a ensuite réagi sur X, jugeant qu'une adoption du texte aurait été inacceptable et évoquant « une défaite cuisante pour la droite sénatoriale et ses soutiens en Corse, qui s'impatientaient de célébrer l'enterrement du processus ».

À l'initiative de la droite, la Haute Assemblée avait largement réécrit le texte adopté à l'Assemblée nationale. Elle a notamment refusé d'inscrire dans la Constitution l'existence d'une « communauté insulaire » et réduit la portée des pouvoirs dérogatoires accordés à la collectivité de Corse. Ce texte modifié n'a pourtant convaincu ni les partisans de la réforme ni ceux qui refusaient toute évolution. Après des débats chaotiques, il a été rejeté dans son ensemble par 181 voix contre 134, emporté par l'addition des voix des opposants à toute réforme et de ceux qui rejetaient la copie sénatoriale.

Le processus avait été initié en 2022 par l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à la demande d'Emmanuel Macron. Un compromis avait été validé par l'Assemblée de Corse en 2024, puis préservé lors d'un vote favorable de l'Assemblée nationale en juin 2026. L'issue des débats au Sénat freine nettement cette démarche et risque de la compromettre durablement.

Pour entrer en vigueur, toute réforme constitutionnelle doit être votée dans les mêmes termes par les deux chambres du Parlement, puis approuvée lors d'un Congrès à la majorité des trois cinquièmes des parlementaires. Un aboutissement de la réforme avant la présidentielle paraissait déjà très improbable, et le rejet de lundi éloigne encore davantage cette perspective.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.