Société 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Les violences conjugales en hausse de 5 % en 2025 avec 285 000 victimes recensées
Selon le service statistique du ministère de l’Intérieur, les forces de l’ordre ont recensé 285 000 victimes de violences conjugales en 2025, soit 5 % de plus qu’en 2024, dans une tendance à la hausse presque continue depuis 2016.
Les forces de sécurité ont enregistré 285 000 victimes de violences conjugales en France en 2025, en hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Les chiffres, publiés jeudi 5 novembre 2026 par le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI), montrent que ces violences progressent chaque année depuis 2016, à l’exception d’une stabilité observée entre 2023 et 2024.
Sur neuf ans, la hausse annuelle moyenne avoisine 10 %. Cette progression constante place la question des violences au sein du couple au cœur des préoccupations des pouvoirs publics, même si les données traduisent avant tout l’évolution des faits connus des services de police et de gendarmerie, et non l’ampleur réelle du phénomène.
Les violences physiques représentent les deux tiers des faits recensés, les violences verbales ou psychologiques environ 31 % et les violences sexuelles 5 %. Les victimes sont à 84 % des femmes, tandis que 85 % des personnes mises en cause sont des hommes. Le profil des victimes varie selon le type de violence : pour les violences sexuelles, la victime type est une femme âgée de 15 à 19 ans ; pour les violences physiques ou psychologiques, il s’agit plutôt d’une femme de 35 à 39 ans.
La répartition géographique reste identique à celle de 2024. Les taux les plus élevés sont relevés dans le Pas-de-Calais, à La Réunion, dans le Nord, dans la Somme et en Seine-Saint-Denis. Cette stabilité territoriale d’une année sur l’autre permet de repérer des zones où les signalements sont particulièrement nombreux, sans que les données indiquent à elles seules les causes de ces écarts.
Les statistiques font aussi état de cas particulièrement graves. Au cours de l’année, 124 personnes ont été tuées, 433 ont été victimes de tentatives d’homicide, 225 ont été droguées à leur insu, 35 ont été mutilées et 25 ont été torturées. Ces chiffres rappellent que les violences conjugales peuvent aller jusqu’aux formes les plus extrêmes, y compris après la séparation ou dans des situations d’emprise.
Ces données ne reflètent toutefois que les faits portés à la connaissance des autorités. Selon l’enquête VRS 2025, seules 13 % des victimes déposent plainte. Le nombre réel de victimes est estimé à plus de deux millions par an, ce qui signifie que la grande majorité des violences conjugales demeurent invisibles dans les statistiques officielles. L’écart entre les 285 000 victimes recensées et cette estimation illustre la difficulté à quantifier un phénomène dont une large part reste non déclarée.
Source: 20minutes.fr
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