Donald Trump et plusieurs responsables de son administration ont fait de l’afflux migratoire à Ceuta un argument de politique intérieure, vendredi 31 juillet, alors que les autorités espagnoles rapportaient le retour au Maroc d’une grande partie des migrants arrivés dans l’enclave. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, plus de 48 000 des quelque 60 000 personnes entrées à Ceuta étaient déjà reparties en moins d’une journée.
Intervenant depuis la Maison-Blanche, le président américain a comparé la situation espagnole aux risques qu’il associe à une politique migratoire moins stricte aux États-Unis. « Si nous ne sommes pas au pouvoir, notre pays sera envahi à des niveaux qui feront passer ce qui arrive en Espagne pour de la gnognotte », a-t-il déclaré en Conseil des ministres, évoquant une « invasion ». Il avait auparavant affirmé sur Fox News, à propos des images de Ceuta: « Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l’emporte », alors que les républicains se préparent aux élections législatives de mi-mandat.
Le vice-président J.D. Vance a publié sur X un message dans lequel il décrit ces images comme « un rappel malheureux des conséquences des migrations de masse et des politiques mondialistes de la gauche radicale qui ont permis l’invasion de l’Occident ». Stephen Miller, conseiller à la Maison-Blanche, a également réagi, affirmant que les démocrates avaient infligé « cela à l’Amérique chaque jour pendant quatre ans sous Biden » et que le pays connaîtrait la même situation « à une échelle infiniment plus grande » si la gauche obtenait « la moindre parcelle de pouvoir national ».
Le département d’État américain a lui aussi pris position. Il a estimé sur X que cet « incident inacceptable » était « la conséquence directe des efforts délibérés du gouvernement espagnol visant à permettre et à faciliter l’immigration clandestine massive vers l’Europe ». Ce discours rejoint celui de plusieurs formations d’extrême droite européennes, qui se sont appuyées sur les images de Ceuta pour réclamer des politiques migratoires plus restrictives et critiquer leurs adversaires de gauche.
Sur le terrain, la situation évoluait dans le même temps à un rythme rapide. Les arrivées massives de migrants dans l’enclave espagnole avaient suscité une vive émotion politique, mais les retours vers le Maroc se sont multipliés tout aussi vite. Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que plus de 48 000 des quelque 60 000 migrants qui avaient franchi la frontière étaient déjà retournés au Maroc moins d’une journée après leur arrivée, réduisant d’autant la pression sur le territoire.
Cette séquence survient dans un contexte où l’immigration reste un thème central pour Donald Trump. Durant la présidence de Joe Biden, les images de migrants à la frontière avec le Mexique étaient régulièrement diffusées par Fox News et le nombre d’interpellations avait atteint jusqu’à 300 000 par mois avant de diminuer en fin de mandat démocrate. Après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2025, ce chiffre est tombé à des niveaux quasi nuls, une baisse que le président américain présente comme un résultat de sa politique migratoire. Les déclarations sur Ceuta s’inscrivent dans cette même logique, alors que les républicains cherchent à mobiliser leur électorat avant les élections de mi-mandat.



