Au moins cinq personnes ont été tuées et six autres blessées, mardi matin, dans une attaque de drones contre la région de Moscou. Ce nouveau bilan, qui touche la région de la capitale russe, intervient alors que les deux belligérants multiplient les frappes sur des zones éloignées du front, au prix de lourdes pertes civiles de part et d’autre.
Dans le même temps, en Ukraine, deux enfants et une personne âgée ont été tués au cours de la nuit dans la région de Soumy par des bombes aériennes guidées russes. Située dans le nord-est du pays, le long de la frontière avec la Russie, la région de Soumy fait partie des secteurs où l’armée russe a enregistré ses principaux gains territoriaux en juillet.
Ce double bilan meurtrier s’inscrit dans une série d’attaques qui ont frappé les deux pays ces derniers jours. Dimanche, des frappes ukrainiennes ont fait onze morts dans la péninsule de Crimée, annexée par la Russie, et dans la région méridionale de Krasnodar, deux zones touristiques. À Arkhipo-Ossipovka, sur la côte de la mer Noire, sept personnes, dont trois enfants, ont été tuées et une quarantaine d’autres blessées par la chute d’un drone. Le gouverneur régional a dénoncé sur Telegram « une frappe délibérée du régime de Kiev contre la population civile, qui n’a aucun lien avec l’infrastructure militaire ». Le même jour, un entrepôt commercial a été visé par un drone ukrainien à Novosemeykino, dans la région de Samara. Au total, dimanche, les frappes de part et d’autre ont fait quatorze morts parmi les civils.
Côté ukrainien, une frappe russe a fait trois morts dimanche dans le centre du pays. Le 1er août, des drones russes avaient déjà attaqué le centre logistique et de distribution de la maison d’édition Ranok à Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe. Environ huit millions de livres, dont des manuels scolaires, ont été détruits. « C’est une attaque contre l’éducation et la culture ukrainienne », a dénoncé le directeur de la maison d’édition, évoquant « la plus grande perte pour l’infrastructure du livre en Ukraine depuis le début de la guerre à grande échelle ».
Sur le front, les observateurs constatent une perte d’élan des troupes russes. Selon les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), l’armée russe n’a gagné que moins de 40 km² en juillet, après 30 km² le mois précédent, soit douze fois moins qu’en juillet 2025, lorsque Moscou progressait en moyenne de 405 km² par mois. Les gains russes se concentrent dans les régions de Donetsk, de Zaporijjia et de Soumy, tandis que le front n’a pas bougé dans la région de Kharkiv. L’armée ukrainienne a, pour sa part, continué de gagner du terrain dans la région de Dnipropetrovsk (28,5 km²), poursuivant une tendance amorcée en décembre 2025.
L’attaque de mardi contre la région de Moscou, à des centaines de kilomètres des zones de combat, confirme la poursuite des frappes en profondeur sur le territoire russe, alors que les bombardements russes continuent de faire des victimes dans les villes ukrainiennes. À elles seules, les attaques de la nuit de lundi à mardi ont fait au moins huit nouvelles victimes civiles, dont deux enfants, après un week-end déjà meurtrier des deux côtés.



