Le gigantesque incendie qui fait rage depuis quatre jours près d'Athènes a repris de la vigueur, malgré la mobilisation d'importants moyens humains et aériens. La Grèce, frappée par de nombreux feux de forêt cet été, se retrouve une nouvelle fois confrontée à un front menaçant aux portes de sa capitale, dans des conditions météorologiques demeurées instables.
La journée de lundi 3 août avait pourtant débuté sous de meilleurs auspices. La baisse des vents enregistrée à proximité de la ville, après les rafales les plus violentes observées depuis quinze ans, avait permis aux secours d'espérer une accalmie. Mais cette trêve a été de courte durée: le front principal est reparti, contraignant les équipes à intensifier leur dispositif pour tenter de protéger les secteurs encore épargnés.
Sur le terrain, les moyens restent considérables. Quelque 450 pompiers, 22 équipes de sapeurs-pompiers forestiers et 126 véhicules sont mobilisés, selon les informations communiquées. Les avions bombardiers d'eau sont également entrés en scène pour freiner la progression des flammes, tandis que des hélicoptères poursuivent leurs rotations afin de soutenir les unités au sol.
Le bilan humain s'est alourdi dimanche avec la collision de deux hélicoptères participant aux opérations, qui a coûté la vie à deux personnes. Ce drame, survenu en pleine intervention, illustre les risques élevés auxquels sont exposés les personnels engagés dans la lutte contre le feu, qu'ils soient pilotes, sapeurs-pompiers ou volontaires.
Depuis le début de l'été, les départs de feu se sont multipliés dans le pays, mobilisant les secours sur de nombreux fronts. L'incendie qui approche d'Athènes concentre toutefois l'attention en raison de sa proximité avec la capitale et de l'ampleur des moyens nécessaires pour le contenir.
La Grèce a pourtant beaucoup investi ces dernières années dans la prévention et la lutte contre les incendies. Modernisation des équipements, surveillance des zones sensibles, formation d'unités spécialisées: le pays a cherché à renforcer ses capacités pour répondre à des sinistres toujours plus intenses. Mais la multiplication des départs de feu cet été, dans un contexte de fortes chaleurs et de végétation desséchée, met le dispositif à rude épreuve.
Comme le soulignent les observateurs, la lutte contre les feux est inégale face à des incendies d'une telle ampleur. Les moyens techniques, aussi importants soient-ils, ne peuvent pas toujours compenser l'effet combiné du vent, de la sécheresse et d'un relief accidenté. La priorité est alors donnée à la protection des vies humaines et des habitations, quitte à laisser brûler des zones boisées difficilement accessibles.
Dans les secteurs périurbains autour d'Athènes, la menace demeure élevée. Les habitants des zones exposées sont appelés à la vigilance et doivent se tenir prêts à évacuer si la situation se dégrade. Les consignes de sécurité ont été rappelées, tandis que la population est invitée à signaler sans délai tout départ de fumée ou toute flamme suspecte.
Cet incendie s'inscrit dans une saison estivale particulièrement éprouvante pour la Grèce, où les feux de forêt sont un phénomène récurrent. La protection des vies et des espaces naturels reste une priorité absolue, alors que le pays tente de faire face à des sinistres d'une intensité croissante. Les prochaines heures s'annoncent décisives pour savoir si les moyens déployés parviendront à endiguer ce front qui menace aux portes de la capitale.



